Dom za vesanje

Ceci est un blog. Inutile de surcroît. Passez votre chemin.

17 juin 2008

"Oh Mrs Dalloway, trop occupée à donner des réceptions pour couvrir le silence..."

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J'ai enfin lu Mrs Dalloway, je l'ai ressenti par ailleurs. En écoutant du Philip Glass. Tous mes sens sont en éveil, présent et passé se confondent, laissant régner un sentiment d'absolue mélancolie, tout est trouble et livide, comme figé dans un tableau de mauvaise augure. Comme si, l'espace d'un electure, je n'appartenais plus à ce monde.
Qu'il est cruel de regarder sa vie d'un oeil nouveau et extérieur! Que l'on se sent faible, et insignifiant!
Je comprends tellement mieux The Hours, tant le film que le livre... Virginia Woolf a su capter le fil d'une pensée perdue dans les méandres du doute et de la mélancolie, le cheminement de celle-ci parmi les souvenirs et la captation d'un instant, d'une image, d'une odeur... de la vie elle-même, calme et tranquille, désuète et cruelle.

Tout à l'heure, j'ai vu un oiseau étendu au milieu de la route. Son bec d'un orange vif semblait narquer le passant, attirant son attention sur cette petite mort. Ce petit soleil entouré d'un duvet noir, semble exprimer un avertissement : il n'y a plus rien, nous ne sommes rien. Son aile semblait s'animer au gré du vent, malgré son petit corps cloué au sol que les mouches survolaient déjà, malgré son oeil vide fixant les possibles, comme pour nous saluer de l'au-delà, rendant la situation d'autant plus grotesque.

Je repense alors à cette scène dans le film, où Virginia regarde l'oiseau blessé s'éteindre sur son nid de roses.

"Les hommes ne doivent pas abattre les arbres. Il y a un Dieu. (Ce genre de révélations, il les notait sur le dos des enveloppes.) Changez le monde. Nul ne tue par haine. Répandez la nouvelle (il le nota). Il attendit. Il écouta. Un moineau perché sur la grille d'en face gazouilla, Septimus, Septimus, quatre ou cinq fois de suite, puis il repartit, en étirant ses notes, pour chanter d'une voix animée, perçante, sur des paroles grecques, que le crime ça n'existe pas, et un autre moineau s'étant joint à lui, ils chantèrent tous deux d'une voix qui s'étirait, perçante, sur des paroles grecques, un chant qui partait des arbres dans la prairie de la vie pour aller jusqu'à l'autre rive du fleuve, là où marchent les morts, affirmant que la mort ça n'existe pas.
Là, il y avait sa main ; là, les morts. Des choses blanches se rassemblaient derrière la grille d'en face. Mais il n'osait pas regarder."

Je pense alors à la mort, à la solitude, au manque, au dégoût, au suicide.
Et là, face à cet oiseau, dans cette situation pathétique, oui là, alors que les violons de Glass finissent ce morceau dans un crescendo assourdissant exprimant par là-même les envolées lyriques d'une âme en proie aux doutes et à ses propres tourments, là, face à ma propre contemplation,

je pleure.

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Et puis, il y a Toi, qui n'as pas de nom, pas encore, pas maintenant.
Toi, combien déjà?
A attendre qui, ou bien quoi.
Mais ça n'arrive jamais. Je ne crois plus aux contes de fées, j'abdique.

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27 mai 2008

"Cría cuervos y te sacarán los ojos"

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Les voies de l'enfance sont impénétrables...

Pas plus que ces grands yeux noirs ouverts sur le monde et ses possibles.
Sur son propre monde, et ses souvenirs encore brûlants.
Le pouvoir de l'imagination face à le douleur insurmontable du deuil.

Heureux les oublieux...

Todas las promesas de mi amor se irán contigo
me olvidarás...
me olvidarás...

*

"Je ne comprends pas que l'on dise que l'enfance est une époque heureuse. Elle ne l'a pas été pour moi.
Peut-être pour ça, je ne crois pas au paradis de l'enfance, ni à l'innocence ou la bonté des enfants.
Je me souviens de mon enfance comme d'une époque lente, interminable, triste. La peur était partout. Peur de l'inconnu.
Je n'oublie pas certaines choses. Certains souvenirs sont très puissants. Très puissants."

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07 mai 2008

"J'aime mieux me faire chier tout seul que d'être heureux avec les autres"

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Pas grand-chose à déballer en cette période de partiels/dossiers/oraux enfin terminée, si ce n’est de courtes nuits, de grosses cernes, de livres lus dans l’urgence pour rien, des arrachages de cheveux à la vue de la liste des missions institutionnelles à connaître par cœur.

Je me remets à la photo… Enfin plutôt à photoshop, rien de bien extraordinaire : contrastes, luminosité, saturation, remplacements de couleurs, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on sait.

Juste quelques touches de poésie, de baume au cœur par-ci par-là : une rousse flamboyante, des gangsters hasbeen mais attachants, beaucoup d’imagination, une suspension dans le temps, une tranche de vie en bande dessinée, une anthologie de l’Homme, 20 ans après sa mort, une suite qui se faisait attendre.

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Litost : « la litost est un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte ». Si vous ne connaissiez pas encore Domas, je vous conseille vivement de le lire, mais surtout de la ressentir. Beaucoup de tendresse, des réflexions profondes, des errances sur l’amour, la mort, le vide laissé par l’Autre, mais un sentiment d’intense plénitude au final, et un sourire triste mais serein, comme soulagé, les doigts crispés sur la dernière page, refusant de la tourner.

« Ce qui nous fait souffrir, au final, nous fait du bien. »

Courez donc ici ou .

Desproges, son œuvre intégrale, son génie, son phrasé, sa finesse d’esprit, sa poésie et son humour que je ne me lasse pas de (re)lire. Il n’y a rien à ajouter, tout mot serait de trop.

Et puis rien ne vaut un bon Porno entre deux livres de sémiotique : Irvine Welsh a enfin écrit la suite de son livre culte, Trainspotting. Les personnages se retrouvent 10 ans après, toujours aussi paumés, le chemin de la rédemption ayant laissé place à la dépravation. Un vrai bonheur, on en redemanderait encore, tant on s’y attache, à ces personnes brisées et perdues, malgré leur laideur, leur absence totale de morale et leur lâcheté.

Julia, la rousse incendiaire, plus putain que sainte, succède à la blonde Marie (La vie rêvée des anges), tenant dans ses bras contre son sein nu ce môme kidnappé, simple monnaie d’échange d’une affaire qui a mal tourné. Tilda Swinton est transcendante, époustouflante : à la manière de Welsh, Erick Zonca parvient à faire ressortir ce qu’il y a de beau dans ses personnages, paumés, moches, alcooliques aussi. Après neuf ans de silence, nul doute que ce film résonne comme un cri de délivrance, déchirant et rédempteur.

Et puis Be kind, rewind, ou l’imagination débordante de Gondry une nouvelle fois à l’œuvre devant nos yeux ébahis de spectateurs retombés dans l’enfance. Ou comment chanter le générique de Ghostbusters 3 jours durant…

Enfin, Cashback.

L’histoire d’un jeune homme, étudiant aux beaux-arts, anéanti par sa rupture, qui finit par devenir insomniaque. Pour mettre à profit ses « heures supplémentaires », il finira par bosser de nuit dans une supérette. Là, face à ce nouvel univers qui lui est offert, aux minutes qui paraissent des heures, aux yeux de Sharon la jolie caissière, il suspendra le temps régulièrement, pour observer puis dessiner les courbes féminines qui l’entourent, les mettre à nu pour mieux les dévoiler.

Empli de poésie et de lyrisme, ce long-métrage est un véritable hymne, que dis-je un hommage à la femme, à son corps, à son image, à ce qu’elle représente.

Beaucoup de frissons et de nœuds dans le ventre, une magie qui s’installe pour au final nous faire dire, entre deux soupirs, qu’ « il y a tant de beauté en ce monde »… Un vrai cliché, je sais.

Mais je vous emmerde, et toc.

Il y a 4 jours, c’était son anniversaire… Elle va pouvoir enfin réaliser ses rêves de grands voyages, loin des Autres et près des Uns.

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Sinon, aujourd’hui et comme d’autres jours, j’ai croisé le vieil homme, toujours au même rond-point. Installé sur sa chaise en osier, il regarde les voitures passer à longueur de journée, à l’ombre d’un platane. Quand un conducteur daigne jeter un regard interrogateur dans sa direction, ou le saluer vaguement, pauvre fantôme, il semble tout à coup rayonner, le pli à la commissure de ses lèvres ne semblant plus en finir de s’étendre pour former un sourire ridé et absent qui pourrait me faire chialer s’il ne m’arrachait pas le cœur.

Plus loin, une vieillarde boiteuse et sans doute un peu folle, les cheveux disparates et vêtue d’un pyjama taché de misère, semblait se parler à elle-même, les yeux perdus dans l’étoffe de ses divagations. A quelques mètres, deux gamins semblent se foutre ouvertement d’elle en la mimant, rendant la situation d’autant plus grotesque que pathétique.

« Traverser le présent en s’excusant déjà de n’être pas plus loin… »

Je voudrais mourir de jeunesse.

Message personnel : Camille, où es-tu ?

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28 novembre 2007

Danse Marcia, danse...

... une dernière fois...

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L'année 2007 est une putain d'hécatombe.

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10 octobre 2007

"J'attends le hasard de ma vie, le plus grand [...]. Oui, je pourrais raconter ma vie en liant des hasards"

Il faut que je parle, que j'accouche sur la toile (faute de papier) de cette obsession qui me ronge depuis hier soir.

La double vie de Véronique, chef-d'oeuvre cinématographique de Krzysztof Kielowski.
C'est pas tant l'actrice ou son jeu qui parviennent à m'émouvoir.
Non, c'est cette histoire, l'ambiance générale dégagée par le film qui me laissent un sentiment d'infinie... mélancolie, dans un sens positif.

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Véronique et Weronika sont nées le même jour, l'une en Pologne, l'autre en France.
Bien qu'elles n'aient aucun parent commun, elles sont pour ainsi dire identiques.
Physiquement, d'une part, mais aussi dans leurs habitudes...
Elles ont toutes deux l'intime conviction de ne pas être seules, d'être reliées à une "autre", quelque part...
Deux âmes soeurs, en définitives.
L'une profitera de l'expérience et de la sagesse de l'autre.
Elles ne se croiseront qu'une seule fois, dans une scène assez courte, mais lourde de sens et d'émotion.
Lorsque Weronika meurt, Véronique sent se briser une part d'elle-même.
Mais comme une renaissance, elle se reconstruira: la vie de son "autre" se perpétuera en elle, comme deux moitiés enfin réunies.
Une histoire d'amour, simplement sublime.

Cette photo que prend Véronique, elle la retrouvera à la fin du film, moment de vérité ultime, instant magique où la chrysalide renaîtra papillon...
Autre moment, métaphore prémonitoire du film.
Car Véronique/Weronika, ce n'est pas seulement un personnage, une identité communes, c'est aussi une voix qui les lie, une voix cristalline dont la beauté quasi-divine me fait frissonner, voire pleurer.
Et quelle poésie...

A la manière des Amants du Cercle Polaire, de Julio Medem, c'est là un film traitant des liens étroits entre hasard et amour.
Un film qui nous pousse à nous poser des questions, nous met mal à l'aise, mais au final, nous fait du bien.
A voir.

Et maintenant, je vais tenter de dormir. Demain, QCM.

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27 septembre 2007

Douce insomnie.

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"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petiten laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme que l'on se fait des concierge qu'il ne viendrait à l'idéen de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants."

"Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellment intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision: à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai."

Je crois que ce livre a bouleversé ma vie, en deux jours. Ma Bible à moi, ma petite part de vérité, mon chemin de croix, la sensation de toucher du doigt quelque chose qu'on croyait avoir perdu, ou plutôt qu'on croyait ne jamais pouvoir connaître. Je parais donc je suis.

Alors?

Alors, un camélia.

Parce qu'un camélia peut changer le destin.

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19 septembre 2007

Ceux qui m'aiment prendront le train... Ou pas.

- Pas du tout, je pense exactement comme Viviane. Que le rite est irremplaçable. Que c’est irremplaçable de s’engager devant des témoins, voilà. Que les petites amours secrètes ont moins de poids, c’est tout.

- Et ils servent à quoi, tes putains de témoins ?

- Eh bien par exemple, si après il y a un des deux amoureux qui meurt, les témoins pourront dire à l’autre « on était là, t’as pas rêvé ma vieille, il t’aimait, oui, il t’aimait. » Non ?

- Exactement, les témoins, ça sert à rétablir la vérité, mon vieux, comme pour les meurtres.

- Alors moi je te dis « je t’aime » devant témoins, et tu crois que c’est la vérité ?

- C’est jamais arrivé, je crois.

- Toi non plus, tu ne me l’as jamais dit.

- Eh bien tu vois !

- Je vois quoi ?

- Eh bien que nous avons sans doute commis bien des imprudences, mais nous n’avons jamais poussé la désinvolture jusqu’à nous mentir ouvertement.


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12 septembre 2007

Moi non plus.

"La vie, c'est con comme un rêve: on voit des femmes, on fait du roller blade, on mange bio, on n'est pas fichu de se rendre compte qu'on n'a jamais cessé de t'aimer."

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25 août 2007

"Être cet ongle que tu ronges sous la douche : ce serait une belle mort."

Cyril.
Ils ont ouvert les portes.
Je suis devenu fou.
Fou de peur.
J'ai craqué l'allumette, foutu le feu aux livres. Foutu le feu aux draps.
Fallait empêcher la crue, la crue des eaux, la crue des ombres, la mort en crue.

J'ai couru.

Perdu ma joie, perdu mon nom et ce qu'il reste de ma jeunesse, mais retrouvé mes jambes.

Couru.
Loin de l'incendie, loin de la crue, loin des fantômes.

Je sais que je les ai traversés.
Ils étaient là.
J'ai vu la mort de près.

Toi.
Après quoi je cours?

Cyril.
Après Toi.
Je cours après Toi.

Dans une ville noire où les gens en cirés capuchonnés crient et courent, courent après quoi?
Leur Opéra brûle, les canaux débordent.
ils crient.
Le monde dégringole.
Les villes se soulèvent.

Je suis Dieu, Attila, le Diable, je ne suis personne.

Je ne serai plus un enfant, jamais plus.
Je ne serai même plus un garçon.
Le restant de mes jours on me dira: tu fais ton âge.
Je ferai mon âge, ni plus, ni moins.
Me contenterai de rester dans la course, sans tricher sur mon numéro de dossard.
Vais continuer de courir.

Après Toi.

Après quoi?

Merde, je crois que j'ai peur de la mort.

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