A chaque fois que je suis malade (soit une grippe carabinée avec supplément angine tous les deux ans maxi), j'ai l'impression que je passerai pas la nuit. Je vois l'heure de ma mort approcher au ralenti tandis que les chiffres se moquent de moi sur le réveil luminescent, phare dans la nuit me faisant rêver d'un lendemain nouveau, illusion de la myopie, pour me rendre compte en me rapprochant que je bataille avec mes délires fiévreux depuis seulement 2 heures.
Vous voyez la scène dans Trainspotting, celle où Renton, en manque d'héroïne, est en proie à plein d'hallus assez cauchemardesques jusqu'à ce qu'un bébé mort rampant au plafond lui tombe sur la gueule après une rotation à 180° de sa tête, façon l'Exorciste? Ben pour moi c'est à peu près pareil, le bébé en moins.
Des délires sans queue ni tête qui me tiennent éveillée jusqu'à ce que la douleur soit trop forte.
Je déteste ça, ces longues journées où le simple fait de déglutir est une souffrance atroce, où ces foutues sueurs froides me donnent l'allure d'une épileptique camée attendant sa dose quotidienne de méthadone.
J'ai horreur de ça, parce que ça me rappelle que, malgré les apparences,

"Merde, je crois que j'ai peur de la mort".
brothersquay