Dom za vesanje

Ceci est un blog. Inutile de surcroît. Passez votre chemin.

17 juin 2008

"Oh Mrs Dalloway, trop occupée à donner des réceptions pour couvrir le silence..."

eyes2

J'ai enfin lu Mrs Dalloway, je l'ai ressenti par ailleurs. En écoutant du Philip Glass. Tous mes sens sont en éveil, présent et passé se confondent, laissant régner un sentiment d'absolue mélancolie, tout est trouble et livide, comme figé dans un tableau de mauvaise augure. Comme si, l'espace d'un electure, je n'appartenais plus à ce monde.
Qu'il est cruel de regarder sa vie d'un oeil nouveau et extérieur! Que l'on se sent faible, et insignifiant!
Je comprends tellement mieux The Hours, tant le film que le livre... Virginia Woolf a su capter le fil d'une pensée perdue dans les méandres du doute et de la mélancolie, le cheminement de celle-ci parmi les souvenirs et la captation d'un instant, d'une image, d'une odeur... de la vie elle-même, calme et tranquille, désuète et cruelle.

Tout à l'heure, j'ai vu un oiseau étendu au milieu de la route. Son bec d'un orange vif semblait narquer le passant, attirant son attention sur cette petite mort. Ce petit soleil entouré d'un duvet noir, semble exprimer un avertissement : il n'y a plus rien, nous ne sommes rien. Son aile semblait s'animer au gré du vent, malgré son petit corps cloué au sol que les mouches survolaient déjà, malgré son oeil vide fixant les possibles, comme pour nous saluer de l'au-delà, rendant la situation d'autant plus grotesque.

Je repense alors à cette scène dans le film, où Virginia regarde l'oiseau blessé s'éteindre sur son nid de roses.

"Les hommes ne doivent pas abattre les arbres. Il y a un Dieu. (Ce genre de révélations, il les notait sur le dos des enveloppes.) Changez le monde. Nul ne tue par haine. Répandez la nouvelle (il le nota). Il attendit. Il écouta. Un moineau perché sur la grille d'en face gazouilla, Septimus, Septimus, quatre ou cinq fois de suite, puis il repartit, en étirant ses notes, pour chanter d'une voix animée, perçante, sur des paroles grecques, que le crime ça n'existe pas, et un autre moineau s'étant joint à lui, ils chantèrent tous deux d'une voix qui s'étirait, perçante, sur des paroles grecques, un chant qui partait des arbres dans la prairie de la vie pour aller jusqu'à l'autre rive du fleuve, là où marchent les morts, affirmant que la mort ça n'existe pas.
Là, il y avait sa main ; là, les morts. Des choses blanches se rassemblaient derrière la grille d'en face. Mais il n'osait pas regarder."

Je pense alors à la mort, à la solitude, au manque, au dégoût, au suicide.
Et là, face à cet oiseau, dans cette situation pathétique, oui là, alors que les violons de Glass finissent ce morceau dans un crescendo assourdissant exprimant par là-même les envolées lyriques d'une âme en proie aux doutes et à ses propres tourments, là, face à ma propre contemplation,

je pleure.

__________________________________________________________
Et puis, il y a Toi, qui n'as pas de nom, pas encore, pas maintenant.
Toi, combien déjà?
A attendre qui, ou bien quoi.
Mais ça n'arrive jamais. Je ne crois plus aux contes de fées, j'abdique.

Posté par dom_za_vesanje à 01:00 - Poètes, vos papiers! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juin 2008

Un peu de tendresse, bordel !

amalric

Entre sa naissance et sa mort, cet enfant n’a fait que mourir.

Arnaud Desplechin, je t’aime, je te hais.

Cet homme a l’art de filmer le drame et l’implosion du noyau familial, les secrets et les tensions régnant au sein d’un groupe social, que dis-je, d’une cellule, avec une infinie justesse, souvent déconcertante.

Je vous parlais déjà dans mon précédant blog (Dieu ait son âme, qu’il lâche la mienne), de Rois et Reine, et mon amour, ma dévotion la plus totale pour Mathieu Amalric, au summum de son art (c’était avant le Scaphandre et le Papillon).

Petite piqûre de rappel :

Bien sûr, on aime Desplechin ou on le hait tout bonnement, bien sûr, on serait tentés de dire qu’il fait toujours les mêmes films, parce que toujours les mêmes acteurs (Mathieu Amalric donc, Emmanuelle Devos, Catherine Deneuve, Hippolyte Girardot, …), et les mêmes thèmes qui reviennent sur fond d’éclatement familial (le deuil, la folie, la maladie), bien sûr, c’est souvent la même mise en scène (la lettre, les face caméra, la narration par un personnage, une caméra furtive), oui, bien sûr.

Mais il a ce savoir, ce talent de nous faire vivre ces scènes-là, de faire exister ses personnages, de les rendre douloureusement, follement humains. Les repas de famille d’Un Conte de Noël, nous y sommes conviés, Elisabeth pourrait être une tante dépressive, et Henri un cousin excentrique, quant à Paul, Paul… Personne ne préfère aborder le sujet.

La caméra nous déstabilise par sa non-linéarité, ses mouvements un peu brusques parfois, et ses zooms qui n’en finissent plus sur le visage de Mathieu Amalric, lisant sa lettre à la sœur qui l’a banni, en écho à celle que lisait Maurice Garrel à sa fille tant haïe dans Rois et Reine, sur fond d’un décor sombre et inquiétant, comme le drame qui se prépare.

Sans_titre

Pourquoi Elisabeth déteste-t-elle son frère au point de la bannir de sa vie ? Et pourquoi est-elle si triste, toujours, et de qui fait-elle le deuil ? Pourquoi Junon, mère glaciale et implacable, n’a-t-elle jamais aimé ce fils ? Paul est-il réellement devenu fou, ou bien est-ce la mélancolie de sa mère qui le tue à petit feu ? Et finalement, pourquoi personne n’a jugé bon de dire à Henri qu’il n’est venu au monde que pour sauver son frère, et que même dans cette tâche, il a échoué ?

Une tragédie grecque sur un fond d’air endimanché des grands jours enneigés.

Ca semble trop facile.

Desplechin, je t’aime je te hais.

________________________________________________________________________

Et puis, il y a des rencontres heureuses, des dénouements rédempteurs, un sourire, un regard, des souvenirs qui affluent au portillon de la mémoire, et pas seulement les mauvais, l’attente d’un lendemain moins noir que la veille.

Bon sang, un peu de tendresse, est-ce trop demander ? Merde !

Et puis Woodstock, et puis Desproges, et puis Dali, et puis sous la plage, le pétrole, et puis Jules et Jim

1002_Cinema_Paradiso
Je suis né trop tard dans un monde trop vieux.

Posté par dom_za_vesanje à 00:42 - La nature est dans tous les goûts... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mai 2008

"Cría cuervos y te sacarán los ojos"

cria

Les voies de l'enfance sont impénétrables...

Pas plus que ces grands yeux noirs ouverts sur le monde et ses possibles.
Sur son propre monde, et ses souvenirs encore brûlants.
Le pouvoir de l'imagination face à le douleur insurmontable du deuil.

Heureux les oublieux...

Todas las promesas de mi amor se irán contigo
me olvidarás...
me olvidarás...

*

"Je ne comprends pas que l'on dise que l'enfance est une époque heureuse. Elle ne l'a pas été pour moi.
Peut-être pour ça, je ne crois pas au paradis de l'enfance, ni à l'innocence ou la bonté des enfants.
Je me souviens de mon enfance comme d'une époque lente, interminable, triste. La peur était partout. Peur de l'inconnu.
Je n'oublie pas certaines choses. Certains souvenirs sont très puissants. Très puissants."

Posté par dom_za_vesanje à 18:55 - Poètes, vos papiers! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mai 2008

"La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute."

2008, l’année de nos 20 ans. Encore un, joyeux et festif, alcoolisé et explosif, plein de promesses, les yeux fuyant un avenir trop peu sûr encore pour oser s’y aventurer, noyés dans le flou artistique aux effluves douces-amères d'une jeunesse dorée.

S73R3550

Des visages, des figures place Pie un vendredi soir. Mister sexshop semble m’avoir suivie pour la énième fois, beaucoup de sang dans mon punch, de sourires, de fous rires même, de «Highway to hell!» lancés à pamoison, un bar qui tourne, tourne tourne à n'en plus finir, sentiment de cohésion éphémère, les partiels sont passés, et avec eux la nausée d'un stress trop mal digéré.

Le bol d’air et de nicotine, des projecteurs ensoleillés place du petit Palais, un Jésus plein de promesses et tiré à quatre épingles, une vision limite psychédélique, allongés sur le sol en maudissant le ciel de nous avoir fait naître trop tard, sentiment d’onirisme et de flottement, escalade de la grille en priant pour ne pas finir embrochée, le rocher des Doms dans la complicité de la nuit, offert et mystérieux, inquiétant et songeur. Surtout ne pas penser.

Une ville d’amertume à perte de vue, dont les remous d’écume çà et là sont de plastique, que la lumière artificielle des réverbères vient doucement éclairer, quelque part vers 3 heures du matin. S’attarder, un peu.

Fermer les yeux et tout recommencer. Encore.

Surtout ne pas penser.

Putain, c’est beau une ville la nuit.

mystery_night

Mais il y a toujours un lendemain...

free music

Posté par dom_za_vesanje à 00:27 - L'ère de rien - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 mai 2008

"J'aime mieux me faire chier tout seul que d'être heureux avec les autres"

julia_3gangster_img1bekindrewind

Pas grand-chose à déballer en cette période de partiels/dossiers/oraux enfin terminée, si ce n’est de courtes nuits, de grosses cernes, de livres lus dans l’urgence pour rien, des arrachages de cheveux à la vue de la liste des missions institutionnelles à connaître par cœur.

Je me remets à la photo… Enfin plutôt à photoshop, rien de bien extraordinaire : contrastes, luminosité, saturation, remplacements de couleurs, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on sait.

Juste quelques touches de poésie, de baume au cœur par-ci par-là : une rousse flamboyante, des gangsters hasbeen mais attachants, beaucoup d’imagination, une suspension dans le temps, une tranche de vie en bande dessinée, une anthologie de l’Homme, 20 ans après sa mort, une suite qui se faisait attendre.

S73R3529

Litost : « la litost est un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte ». Si vous ne connaissiez pas encore Domas, je vous conseille vivement de le lire, mais surtout de la ressentir. Beaucoup de tendresse, des réflexions profondes, des errances sur l’amour, la mort, le vide laissé par l’Autre, mais un sentiment d’intense plénitude au final, et un sourire triste mais serein, comme soulagé, les doigts crispés sur la dernière page, refusant de la tourner.

« Ce qui nous fait souffrir, au final, nous fait du bien. »

Courez donc ici ou .

Desproges, son œuvre intégrale, son génie, son phrasé, sa finesse d’esprit, sa poésie et son humour que je ne me lasse pas de (re)lire. Il n’y a rien à ajouter, tout mot serait de trop.

Et puis rien ne vaut un bon Porno entre deux livres de sémiotique : Irvine Welsh a enfin écrit la suite de son livre culte, Trainspotting. Les personnages se retrouvent 10 ans après, toujours aussi paumés, le chemin de la rédemption ayant laissé place à la dépravation. Un vrai bonheur, on en redemanderait encore, tant on s’y attache, à ces personnes brisées et perdues, malgré leur laideur, leur absence totale de morale et leur lâcheté.

Julia, la rousse incendiaire, plus putain que sainte, succède à la blonde Marie (La vie rêvée des anges), tenant dans ses bras contre son sein nu ce môme kidnappé, simple monnaie d’échange d’une affaire qui a mal tourné. Tilda Swinton est transcendante, époustouflante : à la manière de Welsh, Erick Zonca parvient à faire ressortir ce qu’il y a de beau dans ses personnages, paumés, moches, alcooliques aussi. Après neuf ans de silence, nul doute que ce film résonne comme un cri de délivrance, déchirant et rédempteur.

Et puis Be kind, rewind, ou l’imagination débordante de Gondry une nouvelle fois à l’œuvre devant nos yeux ébahis de spectateurs retombés dans l’enfance. Ou comment chanter le générique de Ghostbusters 3 jours durant…

Enfin, Cashback.

L’histoire d’un jeune homme, étudiant aux beaux-arts, anéanti par sa rupture, qui finit par devenir insomniaque. Pour mettre à profit ses « heures supplémentaires », il finira par bosser de nuit dans une supérette. Là, face à ce nouvel univers qui lui est offert, aux minutes qui paraissent des heures, aux yeux de Sharon la jolie caissière, il suspendra le temps régulièrement, pour observer puis dessiner les courbes féminines qui l’entourent, les mettre à nu pour mieux les dévoiler.

Empli de poésie et de lyrisme, ce long-métrage est un véritable hymne, que dis-je un hommage à la femme, à son corps, à son image, à ce qu’elle représente.

Beaucoup de frissons et de nœuds dans le ventre, une magie qui s’installe pour au final nous faire dire, entre deux soupirs, qu’ « il y a tant de beauté en ce monde »… Un vrai cliché, je sais.

Mais je vous emmerde, et toc.

Il y a 4 jours, c’était son anniversaire… Elle va pouvoir enfin réaliser ses rêves de grands voyages, loin des Autres et près des Uns.

pellicule

Sinon, aujourd’hui et comme d’autres jours, j’ai croisé le vieil homme, toujours au même rond-point. Installé sur sa chaise en osier, il regarde les voitures passer à longueur de journée, à l’ombre d’un platane. Quand un conducteur daigne jeter un regard interrogateur dans sa direction, ou le saluer vaguement, pauvre fantôme, il semble tout à coup rayonner, le pli à la commissure de ses lèvres ne semblant plus en finir de s’étendre pour former un sourire ridé et absent qui pourrait me faire chialer s’il ne m’arrachait pas le cœur.

Plus loin, une vieillarde boiteuse et sans doute un peu folle, les cheveux disparates et vêtue d’un pyjama taché de misère, semblait se parler à elle-même, les yeux perdus dans l’étoffe de ses divagations. A quelques mètres, deux gamins semblent se foutre ouvertement d’elle en la mimant, rendant la situation d’autant plus grotesque que pathétique.

« Traverser le présent en s’excusant déjà de n’être pas plus loin… »

Je voudrais mourir de jeunesse.

Message personnel : Camille, où es-tu ?

free music

Posté par dom_za_vesanje à 17:06 - Poètes, vos papiers! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 avril 2008

"Me contenterai de rester dans la course, sans tricher sur mon numéro de dossard"

En fait, elle voudrait être un personnage d'Irvine Welsh,
complètement brisé mais terriblement humain.
Dans les beaux jours, elle rêverait de jouer dans un film de Klapisch.
____________________________________________________

Elle a souvent la sensation de porter toute la douleur du monde sur ses épaules, comme pour donner un sens à son existence, comme pour trouver une explication rationnelle à son mal-être, à ce sourire absent, à l'esprit qui s'échappe inlassablement de la réalité pour se réfugier dans l'onirisme doux et sucré de son ailleurs.

Moment d'accalmie soudaine, elle y repense, encore. Allongée sur son lit, Lou Reed berçant la pièce de sa voix suave et magique, elle a les yeux fixés sur le velux, absente. Des frissons la parcourent, la sensation n'est pas désagréable. Obsédée par ces films, ce livre, cette idée. La vie n'est-elle qu'une succession de hasards, où l'on se contenterait d'attendre le plus beau? Et quand cet instant, furtif et puissant, arriverait, le remarquerait-elle? Ou se contenterait-il de s'évanouir parmi d'autres, banals, insipides et finalement oubliés?

Oh, Mrs Dalloway... Restent toujours les heures, n'est-ce pas?

1h39, le temps passe vite quand on ne fait rien. Rien de bien constructif en tous cas. Elle ouvre la porte fenêtre, une brise fraîche envahit la pièce. Elle saisit une veste trois fois trop grande posée quelque part sur son bourbis, la lune a une drôle de gueule ce soir, comme indécise: mi-figue mi-croissant. Dans ces moments de plénitude, elle ne pense plus à rien, se contente de grimper et s'allonger sur le toit pour sentir la froideur des tuiles pénétrer son dos, envahir ses os.

Reprendre pied, vite, redescends...

Elle pense encore à Lui parfois, dans ces moments, mais surtout à Elle. Plus d'un an, mais la culpabilité est toujours là, au creux du ventre, tumeur grandissante et incurable, mais tout paraît possible sous la voûte étoilée, immense contraste face à son insignifiance.

Surtout ne pas penser à la mort...

Son souffle résonne dans le calme incertain, ses mains commencent à trembler, le froid remonte le long de son échine, sa gorge enfle, sans explication. Elle se retient toutefois, pas maintenant, ce serait pathétique.

Elle ouvre son paquet de clopes. Plus que six. Ses articulations sont maintenant engourdies, elles ne lui obéissent quasiment plus.

Pas ce soir.

rembobiner

Posté par dom_za_vesanje à 14:58 - L'ère de rien - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mars 2008

L'angoisse de la page noire.

C’est vrai quoi, les moments de lucidité se multiplient, les pensées philosophiques foisonnent, mais au moment de les coucher par écrit… Rien. Un indicible trou noir. N’en sortira qu’une bouillie infâme de tas de mots mal mâchés que l’on ne prendra même pas la peine d’enregistrer tant le résultat nous paraîtra pathétique.

Mieux vaut dresser une liste, lésiner sur les figures de style au profit d’une ponctuation monotone. Et faire le point.

Y a eu la féria, la peine devant ce taureau complètement apeuré, le bad d’au moins 2 heures face à la bonne humeur ambiante, les bodegas à chaque coin de rue mais l’envie d’exploser les enceintes dès que du Sardou était diffusé, un petit furet de Robion, crêpe à la crème de marrons, bière et sangria franchement dégueulasse, « t’es mignonne » « qu’est-ce qui vous dit que je suis une femme ? ». Bon souvenir au final.

La Saint-Patrick, la girafe, les chapeaux ridicules, le concert country (hors sujet), les révélations dans le froid, qui est Odile ?, la barquette de frites, les photos moches, des gens bien, ce sourire, arrête de rêver ma fille.

J’ai enfin trouvé mon stage, grande maison, coin de campagne, jardin à perte de vue, musée où résonne encore la voix du maître des lieux, Kennedy sur les murs, me sens si petite, cette vieille dame passionnée et passionnante, l’index en moins à la main gauche, l’école de cirque, un air rêveur et un sentiment d’absolue plénitude sur le chemin du retour.

Les BO de Donnie Darko et Into the Wild dans mes oreilles, la certitude que l’on meurt tous seuls, mais qu’il faudra bien que je m’y fasse, le manque qui se creuse chaque jour un plus, des rêves de plus en plus troublants, des nuits de plus en plus courtes, la connexion qui merde une fois sur trois, le test de Second Life : à envisager en cas d’abandon et désespoir les plus totaux, sinon c’est pas possible un truc pareil, une dépression latente dès que je me retrouve seule, des tas de films à voir, Einstein n’a appris à parler couramment qu’à l’âge de 8 ans, j’ai toujours rêvé d’être un gangster, le tryptique Bleu/Blanc/Rouge enfin vu, avec une nette préférence pour le premier volet, bien que la continuité musicale et filmique soient troublantes, je me découvre la verve vive face à de parfaits inconnus, mais un silence de morts lors du repas dominical (que j’affectionne particulièrement, on le saura), un manque considérable d’inspiration pour mes photos, besoin de noir et blanc, Mauss et Charlie, voudrais remplacer Aphatie par Domenach, besoin d’un bon mai 2008, je suis amoureuse de Jean Rochefort et donc d’ Edouard Baer, envie de beaux sentiments, murmurés au creux de l’oreille dans une salle obscure.

Mais bon, on se contente de la réalité.

Posté par dom_za_vesanje à 17:22 - L'ère de rien - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2008

"Il n'y a pas de mort digne" paraît-il...

Je suis en colère. Indignée, même.
Hier soir, une femme est morte, seule. Elle s'appelait Chantal Sébire.
Atteinte depuis 8 ans d'une maladie orpheline, une tumeur évolutive des sinus avait fini par défigurer cette ancienne institutrice, et je ne parle même pas de la douleur - vous l'imaginez - qu'elle subissait au quotidien.
Se sachant victime d'un mal incurable, et en pleine possession de ses facultés mentales, elle a voulu mourir "dans la dignité", mais surtout légalement, en ayant recours à l'euthanasie dite active. Cette demande avait été refusée ce lundi par le tribunal de grande instance de Dijon.
Aujourd'hui, on parle d'une enquête, voire même d'une autopsie qui pourraient être menées afin de déterminer les causes du décès de Chantal Sibère. Au-delà de la bassesse de ces actes malvenus, c'est toute la question de l'euthanasie, pratiquée en douce dans la majorité des hôpitaux français, qui est soulevée. Quand s'arrêtera l'hypocrisie au pays des droits de l'homme? Un citoyen n'a-t-il pas le droit de mourir, dans le soulagement et accompagné des siens pour ne plus avoir à endurer une vie devenue un calvaire? Quand le gouvernement aura-t-il enfin assez de courage pour soulever le voile de l'hypocrisie qui l'aveugle depuis trop longtemps?

Eh bien, ça n'a pas tardé. Le 13 mars, madame Christine Boutin, Ministre de la ville et du logement (et accessoirement membre de l'Opus Dei), a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin sur les ondes de RMC:

__________

Jean-Jacques Bourdin : Vous ne reconnaissez pas le droit de mourir à Chantal Sébire parce qu'elle ne peut plus vivre ?

Christine Boutin : Mais pourquoi ne peut-elle plus vivre ? Parce qu'elle dit qu'elle souffre mais il y a les médicaments qui peuvent empêcher cette souffrance, parce qu'elle est difforme mais la dignité d'une personne va au-delà de l'esthétique de cette personne. Quand elle parle de ses petits-enfants, je suis absolument convaincue que cette ancienne institutrice peut aider encore ses petits-enfants à aller de l'avant. Ses enfants l'aiment aussi.

Jean-Jacques Bourdin : Ils l'aiment mais ils comprennent sa demande et sont prêts à l'accompagner...

Christine Boutin : Vous croyez vraiment que donner la mort c'est un geste d'amour, non, ce n'en est pas un, c'est un non-respect de la dignité de toute personne. Ce qui est en cause dans cette personne c'est sa souffrance.

Jean-Jacques Bourdin : Vous pensez qu'elle est instrumentalisée ?

Christine Boutin : Oui, je le crois. Elle n'est pas suffisamment entourée, je crois qu'il faut qu'il y ait des médecins qui soient autour d'elle, qui l'aident à ne pas souffrir car aujourd'hui je suis convaincue qu'il peut y avoir un accompagnement. Apparemment, vous la voyez dans le Parisien, assise, cette femme, mis à part son visage qui est bouleversant, elle semble en parfait état physique. C'est un échec total que de laisser penser que c'est un geste d'amour ou un progrès.

__________

Tant d'aveuglement et d'incompétence me sidèrent. Comment peut-on oser nier la douleur, la souffrance physique et morale de cette pauvre femme? Comment peut-on oser lui refuser ce droit, en se réfugiant derrière l'intégrisme catholique? Comment peut-on oser déclarer de tels propos et nier l'évidence?

Madame Boutin, vous êtes indigne de votre fonction, et n'êtes certainement en position de juger la prise de décision de madame Sébire. Honte à vous qui, une fois de plus, avez manqué une occasion de vous taire. Je vous méprise.

Je m'en vais donc revisionner de ce pas Mar Adentro en rêvant d'un monde meilleur, où le droit de mourir aurait tout aussi bien sa place que le droit aussi désespéré qu'inutile de se raccrocher à une existence sous le joug de la douleur.

Ramon Sampedro, si tu nous écoutes...

Chantal_sebire

free music

Posté par dom_za_vesanje à 15:34 - Ces gens-là - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 mars 2008

"Ma vie est comme un film de Sofia Coppola : tout n'y est que mollesse"

Je n’écris pas beaucoup en ce moment pour la simple et bonne raison qu’il ne se passe rien de très palpitant dans ma vie. Ou plutôt plein de choses, mais je préfère les vivre que les écrire, tout simplement parce qu’y accoler un mot les dénaturerait de leur magie éphémère et fugace.

Beaucoup trop de mots pour rien.

Près de 10€ gagnés au poker (la chance tourne hin hin), encore Into the Wild avec une autre approche et d’autant plus d’émotions, encore Juno et ce même sourire, perplexité la plus totale devant There will be blood malgré mon admiration sans failles pour Daniel Day-Lewis, absence prolongée au pays de Klapisch après Paris, abandon et désespoir le plus total sur le plan sentimental (je jette l’ancre : la vie est une pute, je rentre au couvent, et advienne que pourra /Amen.), le concert d’Ez3kiel inoubliable, magique, véritablement surréel, transe et étoiles plein la gueule, trop d’heures de sommeil à rattraper, concerts au Rouge-Gorge et alcool à foison, la peur de croiser les flics sur le chemin du retour, vitres ouvertes et Tom Barman gueulant « Suds and Soda ! » dans la twingo pour me tenir diablement éveillée, un deviantart, des soirées électorales à Pernes puis à Caumont pour France Bleu Vaucluse, des personnes formidables, une Saint-Patrick qui s’annonce aussi bien arrosée, des arguments UMPiens qui me feraient rire si seulement quelqu’un pouvait les reprendre au lieu d’acquiescer gentiment devant de telles énormités.

PICT0032_bis

Bref. Il faut encore que je vois Be kind, rewind (parce que merde, la fête du cinéma s’annonce encore très pauvre niveau choix), et Julia (parce qu’un Erick Zonca qui revient 10 ans après La vie rêvée des anges, c’est trop rare pour ne pas courir le voir).

vierevee

Je déteste le dimanche. Et en plus il pleut.

free music

Posté par dom_za_vesanje à 16:36 - L'ère de rien - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2008

"A la rencontre de divers aspects du monde contemporain ayant pour point commun leur illustration sur un support audiovisuel"

Le Bénin

Petite parenthèse mélancolique de souvenirs,
l'époque de l'esprit Canal, NPA, le centre de visionnage, toussa...

Ca me fait encore bien rire aujourd'hui.

:-)

Et sinon, remettez Edouard Baer à la présentation des Césars, BORDEL!

Posté par dom_za_vesanje à 19:06 - La nature est dans tous les goûts... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »