Dom za vesanje

07 août 2009

21.

21 grammes s'évaporent à notre mort.
21 ans d'existence.
C'est maigre, ça pèse pas lourd dans la balance.
Mais que voulez-vous, je m'en contente.
Mon chien est en train de mourir à petit feu, compagnon de mes jeunes années.
Moi je me prends un an sur le coin de la gueule, alors que je n'ai rien demandé à personne ni rien fait pour mériter ça.
Je vieillis, inexorablement.
Tout à l'heure, on parlait de l'été 2006, l'année du bac ; et ce qui est terrible, c'est que je ne me rappelle même plus comment l'avoir passé.
Ca pèse pas lourd, 21 ans.
Mais c'est tout juste le temps d'entrevoir enfin comment on souhaite modeler sa vie, et surtout ce que l'on ne veut pas en faire.
Faire des rencontres fantastiques en à peine trois jours, germes que l'on souhaite entretenir pour l'avenir.
Parler cinéma, au détour d'une clope et d'un verre de vin, parler de guerre et de délivrance, de beaux textes et de pays lointains.
Se donner le temps de réfléchir.
Se poser.
Enfin.

essai_4ok
Un jour nous aussi, nous marquerons les murs de l'histoire...

Posté par dom_za_vesanje à 02:33 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


07 juin 2009

Résister, c'est exister.

Quelquefois, une citation suffit.

"Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?...
Non, merci. D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S'aller faire nommer pape par les conciles
Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler à se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ?
Etre terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : "Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François ?"...
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, -ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !"

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

Si vous avez le temps, voici les propos d'un homme que j'affectionne particulièrement.

ESSAI

Posté par dom_za_vesanje à 16:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 mai 2009

The ideal Crash.



"Pour moi que tu vantes ton cul vermoulu, presque escarrifié, tu vantes ton amour autant que les bleus sur ton cul, tu dis que tu m'aimes et tu es là pour moi, on ne s'est pas vus depuis trois ans, qu'importe tu m'aimes.

L'orchestre de tes organes a joué dans le mien."

Arrêter d'être une victime.
Ne plus se poser de questions.
Reprendre le contrôle sur sa vie.
Assumer sans rien attendre en retour.

 

Faire le grand saut.
En faisant gaffe à n'pas trop s'casser la gueule.

 

vus_d_en_haut

Posté par dom_za_vesanje à 17:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 mai 2009

Marie ou Marylin?

"On a des idées bêtes à la même seconde : l'idée de dire le trouble avec des mots, l'idée que la vie vaut d'être vécue juste pour cet instant où nos mains flirtent avec un même précipice, l'idée d'un amour qui ne serait pas du fumier.
On remplace vite les idées idées bêtes par des idées obscènes, on préfère ces idées-là, dans la foulée on fait l'amour sur une table."

Juste une putain.
Non, après reconsidération des faits, même une pute serait mieux traitée.
Je suis sa chose, son jouet, petit bout de femme éparpillée, écartelée entre désir et raison.
Je lui appartiens, je bave devant lui tel un chien devant son os. Je n'ai aucune dignité, me laisse aller, me laisse céder quand ça l'arrange.
Combler le vide, le gouffre profond, le puits sans fond qui se creuse un peu plus chaque jour et s'abandonner, toute entière, corps et âme, le temps d'un soupir d'extase laissant place à celui du dégoût.
Faire ça comme des chiens en rut, et puis plus rien, rebrousser chemin en évitant de croiser nos regards, raconter des banalités pour estomper la gêne.
Et puis adieu, à un jour, à jamais.
Plus de réponse, le silence.
Y a rien de pire que le silence, sorte de mur nous renvoyant l'écho de notre propre désespoir, miroir de notre médiocrité.
Plus bas que terre, je creuse encore mais tout de même, je n'aurais jamais pensé en arriver là... devenir cette femme-là. Devenir Toi, dans sa robe rouge, provocatrice, une Dunhill aux lèvres, attendant le premier venu. Ou plutôt le malvenu.
Que voulez-vous, je suis faible.
J'attends l'antidote.



 

Posté par dom_za_vesanje à 18:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 avril 2009

Un souffle, un éclat bleu, un instant, qui dit mieux?

3 minutes, ni plus, ni moins.

J'ai 3 minutes pour vous convaincre d'aller jeter un oeil, voire deux, sur ce projet somptueux.

3 minutes pour vous dire qu'en 180 secondes, tout peut arriver.

C'est le temps d'une pause, d'un zapping, de fumer une cigarette, de s'égarer sans s'embourber dans ses pensées, de faire causette avec Morphée, le temps de ne pas quitter Brel ou de danser la javanaise avec Gainsbourg...

Le temps d'une rencontre fortuite au détour d'un hasard, qui s'avèrera peut-être la plus importante, la plus belle de notre vie.

Bref, vous l'aurez compris, 3 minutes, c'est le titre de la prochaine bédé de l'ami Domas qui sortira cet été, dans la lignée de Litost que j'avais déjà évoqué ici. Une chronique contemporaine sur le thème des rencontres entre personnes qui ne se connaissent pas et les évènements qui peuvent s'ensuivrent, des variations autour de cette même temporalité : "que peut-on faire en 3 minutes ?".
A vous de voir.
Pour avoir un aperçu de cet ouvrage qui, je l'espère, vous plaira autant qu'à moi, filez donc voir par là, c'est gratuit et c'est toujours un bon moment à passer! (cliquez sur le dessin)

sarahMbyDomas


Posté par dom_za_vesanje à 23:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


15 mars 2009

Madame ne rêvera plus.

Bashung est mort, mon coeur est triste ce soir.
C'est dur de voir les Géants s'éteindre à petit feu sans pouvoir rien y faire.
Le dernier, sans doute un de ceux qui pouvait encore consoler ceux qui n'avait pas connu l'époque des Ferré, Brel et autres Brassens, faut d'être nés trop tard dans un siècle trop vieux.

Noir Dez en 2003, lui cette année, faut croire que je porte la poisse avec mes satanés concerts.
Merde.




 

Posté par dom_za_vesanje à 03:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 janvier 2009

C'est irrémédiable.

A chaque fois que je suis malade (soit une grippe carabinée avec supplément angine tous les deux ans maxi), j'ai l'impression que je passerai pas la nuit. Je vois l'heure de ma mort approcher au ralenti tandis que les chiffres se moquent de moi sur le réveil luminescent, phare dans la nuit me faisant rêver d'un lendemain nouveau, illusion de la myopie, pour me rendre compte en me rapprochant que je bataille avec mes délires fiévreux depuis seulement 2 heures.
Vous voyez la scène dans Trainspotting, celle où Renton, en manque d'héroïne, est en proie à plein d'hallus assez cauchemardesques jusqu'à ce qu'un bébé mort rampant au plafond lui tombe sur la gueule après une rotation à 180° de sa tête, façon l'Exorciste? Ben pour moi c'est à peu près pareil, le bébé en moins.
Des délires sans queue ni tête qui me tiennent éveillée jusqu'à ce que la douleur soit trop forte.
Je déteste ça, ces longues journées où le simple fait de déglutir est une souffrance atroce, où ces foutues sueurs froides me donnent l'allure d'une épileptique camée attendant sa dose quotidienne de méthadone.
J'ai horreur de ça, parce que ça me rappelle que, malgré les apparences,

"Merde, je crois que j'ai peur de la mort".
brothersquay

Posté par dom_za_vesanje à 00:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

18 janvier 2009

"Le restant de mes jours on me dira : tu fais ton âge."

Je déteste rêver de choses qui m’échappent inexorablement. De fantômes d’hier dont le nom s’est effacé avec l’érosion des années. De personnes qui ont sans doute marqué ma vie de manière plus ou moins forte mais que j’ai plongées dans l’oubli, dans l'arrière-boutique de l'enseigne délabrée de ma mémoire.

On est si peu de chose.

Je n’aime pas la sensation que procure un déjà-vu, le sentiment de revivre quelque chose d’enterré, qui fait déjà partie du passé et qui m'impose face à l’inéluctable vérité : je vieillis. Ce genre de scènes où je suis une voiture, la même que mes parents il y a des années, où à l’arrière deux gamins me regardent longuement, sans que je puisse décoder ce qui se dit derrière ces deux paires d’yeux grands ouverts sur le monde. Ca me donne l’impression que l’on me déshabille, me met mal à l’aise ; je me revois à leur âge, quand mon frère et moi regardions impassiblement les conducteurs qui nous suivaient durant les longs trajets pour nous rendre chez nos grands-parents, en cherchant peut-être à percer à jour leurs secrets.

C’est désarmant de se sentir impuissant à ce point.

S73R2696

Je ferai mon âge, ni plus ni moins.





Posté par dom_za_vesanje à 13:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 décembre 2008

Y a des chansons comme ça.

 « Elle fout toute sa vie en l’air,

Et toute sa vie, c’est pas grand-chose ;

Qu’est-ce qu’elle aurait bien pu faire,

A part rester seule dans son lit,

Le soir entre ses draps roses… »


Ca vous fait toujours un petit quelque chose quand on tombe dessus au hasard d’une station, en plein milieu de la nuit. Balavoine qui scandait qu’il voulait mourir malheureux pour ne rien regretter (s'il avait su) ou bien la groupie du pianiste qui ne cessera de le suivre et l’aduler partout où il ira sans un mot, sans un geste tendre en retour.

Je souris un peu bêtement en me reconnaissant dans cette description, toute aussi naïve, parfois touchante, mais à courir après une cause perdue, comme un jar derrière son oie. C’est assez pitoyable mais c’est plus fort que moi, la défaite a un goût amer auquel on finit par s’habituer. Peut-être une façon de se complaire et finalement provoquer son malheur pour aller droit à sa perte.

"Un suicide, mon petit chou."


Mieux vaut en rire qu’en pleurer.

Head-on, Fatih Akin.

Posté par dom_za_vesanje à 03:20 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

30 novembre 2008

"Dites-moi Jeffrey, est-ce que le mot vagin vous effraie?"

Dernières répliques de Sexe, Mensonge et vidéo (Steven Soderbergh, 1989) :
- On dirait qu'il va pleuvoir.
- Je crois qu'il pleut déjà.

Je trouve ça sublime, vraiment. Le mec a quand même l'audace, le génie, le talent même de nous plonger dans l'enfer quotidien d'une vie monotone où sexe est synonyme de tabou, où mémère Van Der Kamp ou presque qui n'a jamais connu l'orgasme astique, frotte et fait briller pendant que Monsieur jouit avec la soeur de Madame dans le lit conjugal. Une banalité saisissante quand on y pense.
C'est l'irruption d'un curieux qui va tout bouleverser, un petit bonhomme impuissant, sorte de curé du sexe, qui recueille les confessions intimes de celles qui veulent bien se déshabiller au propre comme au sale sous l'oeil nu de la caméra qui ne les jugera pas. Rien n'est épargné. Imaginez un peu du point de vue sociologique, Kinsey à côté c'était de la gnognotte.
Jusqu'au retournement habile de situation, quand Madame découvre que Monsieur lui a bel et bien menti, quand elle retourne la caméra contre le voyeur.
C'est magnifique.
Et puis voilà, il va pleuvoir.

Il m'apparaît clairement aujourd'hui qu'Amenabar voulait sans doute rendre un hommage à Soderbergh avec Tesis : le personnage de Bosco pourrait être un Graham qui aurait mal tourné.

bann_stan

J'ai une fascination pour la mise en abîme, le film dans le film, ou bien l'inclusion d'une autre forme d'art sur la pellicule, et l'obsession qui y est attachée.
J'ai pensé à Blow Up aussi. Antonioni, la photo, l'excitation du meurtre, bien sûr.


Faire l'amour à la caméra en définitive, toujours.
Objet de bien des fantasmes et de curiosité.

Faites attention, vous êtes filmés.

tonightontv2

Posté par dom_za_vesanje à 23:32 - - Commentaires [1] - Permalien [#]