Dernières répliques de Sexe, Mensonge et vidéo (Steven Soderbergh, 1989) :
- On dirait qu'il va pleuvoir.
- Je crois qu'il pleut déjà.

Je trouve ça sublime, vraiment. Le mec a quand même l'audace, le génie, le talent même de nous plonger dans l'enfer quotidien d'une vie monotone où sexe est synonyme de tabou, où mémère Van Der Kamp ou presque qui n'a jamais connu l'orgasme astique, frotte et fait briller pendant que Monsieur jouit avec la soeur de Madame dans le lit conjugal. Une banalité saisissante quand on y pense.
C'est l'irruption d'un curieux qui va tout bouleverser, un petit bonhomme impuissant, sorte de curé du sexe, qui recueille les confessions intimes de celles qui veulent bien se déshabiller au propre comme au sale sous l'oeil nu de la caméra qui ne les jugera pas. Rien n'est épargné. Imaginez un peu du point de vue sociologique, Kinsey à côté c'était de la gnognotte.
Jusqu'au retournement habile de situation, quand Madame découvre que Monsieur lui a bel et bien menti, quand elle retourne la caméra contre le voyeur.
C'est magnifique.
Et puis voilà, il va pleuvoir.

Il m'apparaît clairement aujourd'hui qu'Amenabar voulait sans doute rendre un hommage à Soderbergh avec Tesis : le personnage de Bosco pourrait être un Graham qui aurait mal tourné.

bann_stan

J'ai une fascination pour la mise en abîme, le film dans le film, ou bien l'inclusion d'une autre forme d'art sur la pellicule, et l'obsession qui y est attachée.
J'ai pensé à Blow Up aussi. Antonioni, la photo, l'excitation du meurtre, bien sûr.


Faire l'amour à la caméra en définitive, toujours.
Objet de bien des fantasmes et de curiosité.

Faites attention, vous êtes filmés.

tonightontv2