Dom za vesanje

Ceci est un blog. Inutile de surcroît. Passez votre chemin.

23 novembre 2008

"Par délicatesse, j'ai perdu la vie"

Les triangles amoureux truffaldiens; des photos de nouveaux nés ayant vu le jour moins d'une heure à peine; celles de cadavres momifiés déterrés quelque part au Guatemala, morts depuis trop longtemps déjà; Résolution de Nathaniel Mechaly qui tourne en boucle au rythme des échappées laides au pays des cauchemars; des rêves toujours plus réalistes, une nouveauté pour celle qui ne songeait jusqu'ici qu'aux écrans noirs des abonnés absents de l'inconscient; une rupture; Rimbaud, Pasolini et les autres, ramenés à la vie par Ernest Pignon-Ernest, l'instant d'une photo, sur un papier qui se déchire déjà, au travers duquel les vestiges d'un oubli sommeillent; une lassitude matinale quotidienne chaque jour plus pesante; un enterrement au milieu des visages, des figures, des figurants qui s'effaceront à leur tour, pour mieux ressusciter au détour d'une photo de classe ou bien d'un éclat de vivre; la voix de Jeanne Moreau et le phrasé de Catherine; des photos mais les idées en berne; le suicide de Matteo qui se prenait pour Nicola; anthropologue de la mendicité le temps de quelques heure, avant de retrouver un foyer chauffé et aimant; les regards des idoles d'autrefois brûlés à l'amertume ou bien à la flamme qui animait ceux qui leur vouaient un culte; des douleurs thoraciques persistantes et un trou qui n'en finit pas de se creuser dans la joue droite; la pétrification en plein trafic routier à l'écoute hasardeuse de ce qui se révélait bien, premiers malaise et émois passés, être le son du Sombre Désir d'entendre cette voix brisée à nouveau; une fuite vers le passé pour se protéger de l'avenir; une envie de renouveau mais une claustration sur l'ego terni.

"Le tourbillon d'la vie", en définitive.

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Et on ressucitera Verlaine, un jour de mistral.
Je lève mon verre au Pauvre Lilian!



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14 octobre 2008

"Nous les écorchés vifs, on en a des sévices"

Je sais pas pourquoi j'ai tant de peine, pourquoi j'ai encore du mal à accepter l'idée. Peut-être que je m'étais attaché à ce bonhomme, poupée de chiffon effilochée, triste pantin à la jambe de bois. Ses apparitions me touchaient, ; en lui, tout n'était que souffrance, il incarnait le cri qu'il ne pouvait pousser, un cri de haine et de douleur, mais envers qui au final ? Je me souviens avoir été frappée par la  violence d'Aime ton père, la dimension biographique ajoutant à cet effet, et avoir été émue par son rôle sur le fil du rasoir dans Peau D'Ange (rôle ?)... Il ne jouait pas, il incarnait des personnages qui lui renvoyaient son propre reflet. Des écorchés. C'était un grand acteur, indéniablement. Dommage que l'ombre du père l'ait tant hanté. Il aurait pu se faire un vrai prénom, je n'en doute pas une seconde. Rimbaud est mort une deuxième fois.

"Ce n'est pas moi qui crie, c'est la terre qui gronde" aimait-il à citer Attila Joszef... Ca ne vous rappelle rien? Au moins maintenant il ne souffrira plus.

...
A ton étoile.

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20 septembre 2008

Entre les murs.

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Y a des soirs comme ça, où l'on sait pas pourquoi, mais une simple musique pourtant déjà entendue maintes et maintes fois, pourrait nous déclencher un torrent de larmes.
Il ne faut pas cherhcer à comprendre, il n'y a pas d'explication rationnelle.

Putain d'hypersensibilité.

C'est pas malsain, juste... soudain. Et inattendu.



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07 août 2008

"La vie est un arbre qu'on élague, je serai la branche que la mort coupera" (Gaston Couté)

Voilà, j'ai survécu.

Vingt ans.
Vingt temps.
Vain temps?

J'ai longtemps détesté cette idée, gravir les palliers en essayant de voir un peu plus clair dans le brouillard des doutes à chaque nouvelle ascension, faire le point, revoir les priorités, sentimentalement, professionnellement, et autres.
Vingt ans, une petite mort.
Un adieu définitif aux bribes d'insouciance, "je ne serai plus un enfant, jamais plus.[...] Le restant de mes jours on me dira : tu fais ton âge. Je ferai mon âge, ni plus, ni moins."
Welcome to the new world.
Vingt ans, le début de la fin, le chemin vers la trentaine, toujours plus de questions, toujours cette même question, qui se fait écho contre les murs d'un esprit malade.

Et après?

Un avenir incertain qui se profile, des souvenirs que je sème tel un petit Poucet, dans des carnets bleus ou sur des morceaux de papiers qui finiront bien par s'égarer.
Maintenant, il faudra cocher la case "20-25 ans" à chaque nouveau questionnaire. Quelle angoisse.

Le téléphone n'a pas cessé de vibrer aujourd'hui, je vous remercie pour vos pensées.
Je te remercie toi, Julia, pour cet embarquement into the wild, parées de notre Nutella, notre champagne, ta guitare, ce ciel bleu malgré la pluie, un étang étrangement clair et le sourire que tu as maintenu malgré cet enterrement d'une dizaine qui s'achève.

Que ferais-je sans elle?
Avec ses cheveux courts, elle me rappelle Isabelle, ou Elodie Bouchez dans La Vie Rêvée des Anges.
J'espère que je ne suis pas Marie.

Il est temps de faire le bilan.
Rembobiner les bandes de mon Nagra, en mettre de nouvelles.
Changer de cassette, tout recommencer.
Il est temps.

Merci. =)

julia

Ambiance acoustique au bord de l'eau, un petit air du Retour.
Guerilla Poubelle, Mano Solo, Noir Dez.
Notre playlist.

On aurait pu construire,
Ecrire des poèmes sur les murs,
Faire un potager du champ de Mars
Noyer tous les flics dans la Seine,
On aurait pu arrêter d'boire,
Ouvrir les cages des animaux,
On aurait pu s'ouvrir les veines;
Et paris serait beau…

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30 juillet 2008

Absence, abstinence (prolongée)

Promis, je vous raconterai tout.

Je mets momentanément ma vie sociale entre parenthèses.
Un sourire et une boule au ventre, qui grandit de jour en jours.
J'arrive même plus à bouffer tellement j'ai mal rien qu'à y penser.
Tiens, j'ai perdu un kilo.
Et le reste aussi.

Je déteste les fins.

C'est viscéral.

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17 juin 2008

"Oh Mrs Dalloway, trop occupée à donner des réceptions pour couvrir le silence..."

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J'ai enfin lu Mrs Dalloway, je l'ai ressenti par ailleurs. En écoutant du Philip Glass. Tous mes sens sont en éveil, présent et passé se confondent, laissant régner un sentiment d'absolue mélancolie, tout est trouble et livide, comme figé dans un tableau de mauvaise augure. Comme si, l'espace d'un electure, je n'appartenais plus à ce monde.
Qu'il est cruel de regarder sa vie d'un oeil nouveau et extérieur! Que l'on se sent faible, et insignifiant!
Je comprends tellement mieux The Hours, tant le film que le livre... Virginia Woolf a su capter le fil d'une pensée perdue dans les méandres du doute et de la mélancolie, le cheminement de celle-ci parmi les souvenirs et la captation d'un instant, d'une image, d'une odeur... de la vie elle-même, calme et tranquille, désuète et cruelle.

Tout à l'heure, j'ai vu un oiseau étendu au milieu de la route. Son bec d'un orange vif semblait narquer le passant, attirant son attention sur cette petite mort. Ce petit soleil entouré d'un duvet noir, semble exprimer un avertissement : il n'y a plus rien, nous ne sommes rien. Son aile semblait s'animer au gré du vent, malgré son petit corps cloué au sol que les mouches survolaient déjà, malgré son oeil vide fixant les possibles, comme pour nous saluer de l'au-delà, rendant la situation d'autant plus grotesque.

Je repense alors à cette scène dans le film, où Virginia regarde l'oiseau blessé s'éteindre sur son nid de roses.

"Les hommes ne doivent pas abattre les arbres. Il y a un Dieu. (Ce genre de révélations, il les notait sur le dos des enveloppes.) Changez le monde. Nul ne tue par haine. Répandez la nouvelle (il le nota). Il attendit. Il écouta. Un moineau perché sur la grille d'en face gazouilla, Septimus, Septimus, quatre ou cinq fois de suite, puis il repartit, en étirant ses notes, pour chanter d'une voix animée, perçante, sur des paroles grecques, que le crime ça n'existe pas, et un autre moineau s'étant joint à lui, ils chantèrent tous deux d'une voix qui s'étirait, perçante, sur des paroles grecques, un chant qui partait des arbres dans la prairie de la vie pour aller jusqu'à l'autre rive du fleuve, là où marchent les morts, affirmant que la mort ça n'existe pas.
Là, il y avait sa main ; là, les morts. Des choses blanches se rassemblaient derrière la grille d'en face. Mais il n'osait pas regarder."

Je pense alors à la mort, à la solitude, au manque, au dégoût, au suicide.
Et là, face à cet oiseau, dans cette situation pathétique, oui là, alors que les violons de Glass finissent ce morceau dans un crescendo assourdissant exprimant par là-même les envolées lyriques d'une âme en proie aux doutes et à ses propres tourments, là, face à ma propre contemplation,

je pleure.

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Et puis, il y a Toi, qui n'as pas de nom, pas encore, pas maintenant.
Toi, combien déjà?
A attendre qui, ou bien quoi.
Mais ça n'arrive jamais. Je ne crois plus aux contes de fées, j'abdique.

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05 juin 2008

Un peu de tendresse, bordel !

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Entre sa naissance et sa mort, cet enfant n’a fait que mourir.

Arnaud Desplechin, je t’aime, je te hais.

Cet homme a l’art de filmer le drame et l’implosion du noyau familial, les secrets et les tensions régnant au sein d’un groupe social, que dis-je, d’une cellule, avec une infinie justesse, souvent déconcertante.

Je vous parlais déjà dans mon précédant blog (Dieu ait son âme, qu’il lâche la mienne), de Rois et Reine, et mon amour, ma dévotion la plus totale pour Mathieu Amalric, au summum de son art (c’était avant le Scaphandre et le Papillon).

Petite piqûre de rappel :

Bien sûr, on aime Desplechin ou on le hait tout bonnement, bien sûr, on serait tentés de dire qu’il fait toujours les mêmes films, parce que toujours les mêmes acteurs (Mathieu Amalric donc, Emmanuelle Devos, Catherine Deneuve, Hippolyte Girardot, …), et les mêmes thèmes qui reviennent sur fond d’éclatement familial (le deuil, la folie, la maladie), bien sûr, c’est souvent la même mise en scène (la lettre, les face caméra, la narration par un personnage, une caméra furtive), oui, bien sûr.

Mais il a ce savoir, ce talent de nous faire vivre ces scènes-là, de faire exister ses personnages, de les rendre douloureusement, follement humains. Les repas de famille d’Un Conte de Noël, nous y sommes conviés, Elisabeth pourrait être une tante dépressive, et Henri un cousin excentrique, quant à Paul, Paul… Personne ne préfère aborder le sujet.

La caméra nous déstabilise par sa non-linéarité, ses mouvements un peu brusques parfois, et ses zooms qui n’en finissent plus sur le visage de Mathieu Amalric, lisant sa lettre à la sœur qui l’a banni, en écho à celle que lisait Maurice Garrel à sa fille tant haïe dans Rois et Reine, sur fond d’un décor sombre et inquiétant, comme le drame qui se prépare.

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Pourquoi Elisabeth déteste-t-elle son frère au point de la bannir de sa vie ? Et pourquoi est-elle si triste, toujours, et de qui fait-elle le deuil ? Pourquoi Junon, mère glaciale et implacable, n’a-t-elle jamais aimé ce fils ? Paul est-il réellement devenu fou, ou bien est-ce la mélancolie de sa mère qui le tue à petit feu ? Et finalement, pourquoi personne n’a jugé bon de dire à Henri qu’il n’est venu au monde que pour sauver son frère, et que même dans cette tâche, il a échoué ?

Une tragédie grecque sur un fond d’air endimanché des grands jours enneigés.

Ca semble trop facile.

Desplechin, je t’aime je te hais.

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Et puis, il y a des rencontres heureuses, des dénouements rédempteurs, un sourire, un regard, des souvenirs qui affluent au portillon de la mémoire, et pas seulement les mauvais, l’attente d’un lendemain moins noir que la veille.

Bon sang, un peu de tendresse, est-ce trop demander ? Merde !

Et puis Woodstock, et puis Desproges, et puis Dali, et puis sous la plage, le pétrole, et puis Jules et Jim

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Je suis né trop tard dans un monde trop vieux.

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27 mai 2008

"Cría cuervos y te sacarán los ojos"

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Les voies de l'enfance sont impénétrables...

Pas plus que ces grands yeux noirs ouverts sur le monde et ses possibles.
Sur son propre monde, et ses souvenirs encore brûlants.
Le pouvoir de l'imagination face à le douleur insurmontable du deuil.

Heureux les oublieux...

Todas las promesas de mi amor se irán contigo
me olvidarás...
me olvidarás...

*

"Je ne comprends pas que l'on dise que l'enfance est une époque heureuse. Elle ne l'a pas été pour moi.
Peut-être pour ça, je ne crois pas au paradis de l'enfance, ni à l'innocence ou la bonté des enfants.
Je me souviens de mon enfance comme d'une époque lente, interminable, triste. La peur était partout. Peur de l'inconnu.
Je n'oublie pas certaines choses. Certains souvenirs sont très puissants. Très puissants."

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20 mai 2008

"La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute."

2008, l’année de nos 20 ans. Encore un, joyeux et festif, alcoolisé et explosif, plein de promesses, les yeux fuyant un avenir trop peu sûr encore pour oser s’y aventurer, noyés dans le flou artistique aux effluves douces-amères d'une jeunesse dorée.

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Des visages, des figures place Pie un vendredi soir. Mister sexshop semble m’avoir suivie pour la énième fois, beaucoup de sang dans mon punch, de sourires, de fous rires même, de «Highway to hell!» lancés à pamoison, un bar qui tourne, tourne tourne à n'en plus finir, sentiment de cohésion éphémère, les partiels sont passés, et avec eux la nausée d'un stress trop mal digéré.

Le bol d’air et de nicotine, des projecteurs ensoleillés place du petit Palais, un Jésus plein de promesses et tiré à quatre épingles, une vision limite psychédélique, allongés sur le sol en maudissant le ciel de nous avoir fait naître trop tard, sentiment d’onirisme et de flottement, escalade de la grille en priant pour ne pas finir embrochée, le rocher des Doms dans la complicité de la nuit, offert et mystérieux, inquiétant et songeur. Surtout ne pas penser.

Une ville d’amertume à perte de vue, dont les remous d’écume çà et là sont de plastique, que la lumière artificielle des réverbères vient doucement éclairer, quelque part vers 3 heures du matin. S’attarder, un peu.

Fermer les yeux et tout recommencer. Encore.

Surtout ne pas penser.

Putain, c’est beau une ville la nuit.

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Mais il y a toujours un lendemain...

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07 mai 2008

"J'aime mieux me faire chier tout seul que d'être heureux avec les autres"

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Pas grand-chose à déballer en cette période de partiels/dossiers/oraux enfin terminée, si ce n’est de courtes nuits, de grosses cernes, de livres lus dans l’urgence pour rien, des arrachages de cheveux à la vue de la liste des missions institutionnelles à connaître par cœur.

Je me remets à la photo… Enfin plutôt à photoshop, rien de bien extraordinaire : contrastes, luminosité, saturation, remplacements de couleurs, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on sait.

Juste quelques touches de poésie, de baume au cœur par-ci par-là : une rousse flamboyante, des gangsters hasbeen mais attachants, beaucoup d’imagination, une suspension dans le temps, une tranche de vie en bande dessinée, une anthologie de l’Homme, 20 ans après sa mort, une suite qui se faisait attendre.

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Litost : « la litost est un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte ». Si vous ne connaissiez pas encore Domas, je vous conseille vivement de le lire, mais surtout de la ressentir. Beaucoup de tendresse, des réflexions profondes, des errances sur l’amour, la mort, le vide laissé par l’Autre, mais un sentiment d’intense plénitude au final, et un sourire triste mais serein, comme soulagé, les doigts crispés sur la dernière page, refusant de la tourner.

« Ce qui nous fait souffrir, au final, nous fait du bien. »

Courez donc ici ou .

Desproges, son œuvre intégrale, son génie, son phrasé, sa finesse d’esprit, sa poésie et son humour que je ne me lasse pas de (re)lire. Il n’y a rien à ajouter, tout mot serait de trop.

Et puis rien ne vaut un bon Porno entre deux livres de sémiotique : Irvine Welsh a enfin écrit la suite de son livre culte, Trainspotting. Les personnages se retrouvent 10 ans après, toujours aussi paumés, le chemin de la rédemption ayant laissé place à la dépravation. Un vrai bonheur, on en redemanderait encore, tant on s’y attache, à ces personnes brisées et perdues, malgré leur laideur, leur absence totale de morale et leur lâcheté.

Julia, la rousse incendiaire, plus putain que sainte, succède à la blonde Marie (La vie rêvée des anges), tenant dans ses bras contre son sein nu ce môme kidnappé, simple monnaie d’échange d’une affaire qui a mal tourné. Tilda Swinton est transcendante, époustouflante : à la manière de Welsh, Erick Zonca parvient à faire ressortir ce qu’il y a de beau dans ses personnages, paumés, moches, alcooliques aussi. Après neuf ans de silence, nul doute que ce film résonne comme un cri de délivrance, déchirant et rédempteur.

Et puis Be kind, rewind, ou l’imagination débordante de Gondry une nouvelle fois à l’œuvre devant nos yeux ébahis de spectateurs retombés dans l’enfance. Ou comment chanter le générique de Ghostbusters 3 jours durant…

Enfin, Cashback.

L’histoire d’un jeune homme, étudiant aux beaux-arts, anéanti par sa rupture, qui finit par devenir insomniaque. Pour mettre à profit ses « heures supplémentaires », il finira par bosser de nuit dans une supérette. Là, face à ce nouvel univers qui lui est offert, aux minutes qui paraissent des heures, aux yeux de Sharon la jolie caissière, il suspendra le temps régulièrement, pour observer puis dessiner les courbes féminines qui l’entourent, les mettre à nu pour mieux les dévoiler.

Empli de poésie et de lyrisme, ce long-métrage est un véritable hymne, que dis-je un hommage à la femme, à son corps, à son image, à ce qu’elle représente.

Beaucoup de frissons et de nœuds dans le ventre, une magie qui s’installe pour au final nous faire dire, entre deux soupirs, qu’ « il y a tant de beauté en ce monde »… Un vrai cliché, je sais.

Mais je vous emmerde, et toc.

Il y a 4 jours, c’était son anniversaire… Elle va pouvoir enfin réaliser ses rêves de grands voyages, loin des Autres et près des Uns.

pellicule

Sinon, aujourd’hui et comme d’autres jours, j’ai croisé le vieil homme, toujours au même rond-point. Installé sur sa chaise en osier, il regarde les voitures passer à longueur de journée, à l’ombre d’un platane. Quand un conducteur daigne jeter un regard interrogateur dans sa direction, ou le saluer vaguement, pauvre fantôme, il semble tout à coup rayonner, le pli à la commissure de ses lèvres ne semblant plus en finir de s’étendre pour former un sourire ridé et absent qui pourrait me faire chialer s’il ne m’arrachait pas le cœur.

Plus loin, une vieillarde boiteuse et sans doute un peu folle, les cheveux disparates et vêtue d’un pyjama taché de misère, semblait se parler à elle-même, les yeux perdus dans l’étoffe de ses divagations. A quelques mètres, deux gamins semblent se foutre ouvertement d’elle en la mimant, rendant la situation d’autant plus grotesque que pathétique.

« Traverser le présent en s’excusant déjà de n’être pas plus loin… »

Je voudrais mourir de jeunesse.

Message personnel : Camille, où es-tu ?

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Posté par dom_za_vesanje à 17:06 - Poètes, vos papiers! - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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