19 février 2008
Des filles à la vanille
Je crois que je ne fais définitivement pas partie de cette catégorie. Je veux dire, de ces filles exquises et sucrées, ces filles qui vous donnent le goût d’avancer, l’envie de s’accrocher, le sourire permanent sur les lèvres, irréprochable, affublé de cette constante joie de vivre lisible dans leurs yeux pétillants… J’aurais plutôt un goût de profonde amertume, vous savez, comme le schweppes : la première gorgée est agréable, mais dès lors qu’on déglutit, une grimace vous balafre le visage tandis qu’une effluve amère et vive vous retourne l’estomac ; alors la pilule ne passe pas. Amère option cynique, pour compléter la caricature de mon personnage dariesque, masque que je m’octroie le droit de porter un peu trop souvent ces temps-ci. Faudra s’y faire. Je me plais à penser que je suis différente du troupeau tout en regrettant de ne pas y appartenir. Pas autant que je le souhaiterais en tous cas. Ceci pourrait expliquer le non-sens de ma vie amoureuse naïve.
Je pense à l’envie, au manque, au dégoût.
Au manque de discernement dans le choix de mes amoureux.
Sinon, ce soir c’était la spéciale Kieslowski sur Arte, j’ai regardé Bleu jusqu’à en avoir mal au ventre et appuyer sur stop. Peisner est un génie, et je me repasse le concerto en mi mineur de Van Den Budenmayer en boucle, comme pour entendre résonner cette voix, sa voix, celle de Weronika, en me demandant si moi aussi, j’ai un double, une autre, quelque part. Ce réalisateur a le don de m’émouvoir autant que ce crescendo me fait frissonner.
J’ai des envies de femme enceinte : Kiri, Nutella, Jambon à pas d’heure, on dirait une vraie boulimique. Je dois être en phase de remise en cause, genre cercle vicieux à tendance complètement conne.
Première sortie en boîte. Ni surprise, ni sous le charme. Le genre de lieu qui prête plus à penser qu’autre chose. A penser à des milliers de choses en fait, je n'arrive pas à me détacher complètement de la situation pour "profiter". Profiter de quoi aujuste? Je regrette d’avoir oublié mon carnet ce jour-là, pour y annoter chaque minute de passée, chaque sourire en coin, regards qui se croisent, tentatives désespérées et autres phénomènes sociaux indescriptibles. Les vieux bavant sur les minettes de 20 ans, les jeunes transpirant sur un rythme tecktonikien, les autres trop déchirés à leur table pour pouvoir danser, observant avidement les proies qu’ils ne pourront s’offrir ce soir. Typiquement bestial et assez pitoyable somme toute. Genre Human Traffic sans ecstasy.
Ecstasy... Extasiée par les contes de la folie ordinaire d’Irvine Welsh. Il a su capter la beauté dans ce qu’il y a de plus laid et de plus inavouable chez des êtres moches et abîmés, des gens que l’on n’a pas envie de connaître, des personnes cataloguées,du type « droguées », « décalées », « étranges » ou simplement comme des monstres, des bêtes de foire. Une femme sans bras, une autre soudainement consciente de l’absurde de son mariage, une écrivain s’essayant à la pornographie… Une manière de montrer que le bonheur peut être accessible à tous, sous toutes ses formes, allant parfois au-delà de la simple capitulation.
Un Retour vers le futur bien arrosé, des espoirs qui pâlissent, une innondation, Juno dont la BO me fait encore sourire, 3€ perdus au poker, la merde pour trouver un stage, des gueules de bois, Papillon, un anniversaire, Annie Leibowitz, La Saint vas-t'en-loin, et les Beatles chantant en boucle Eleanor Rigby.
Et puis il y a eu ce mini concert en acoustique dans un bar. Des films de Chaplin projetés sur un mur rouge, du vin, une exposition de photos, un violon, une guitare et une voix magnifique, des sourires, un demi-pêche, un sentiment de plénitude à saisir au vol avant qu’il ne s’évapore.
C’est pas si mal d’être ordinaire.
...Puis moi j'aime pas qu'on me prenne en photo...
Alors j'me venge sur les autres hin.



























