Dom za vesanje

Ceci est un blog. Inutile de surcroît. Passez votre chemin.

30 novembre 2008

"Dites-moi Jeffrey, est-ce que le mot vagin vous effraie?"

Dernières répliques de Sexe, Mensonge et vidéo (Steven Soderbergh, 1989) :
- On dirait qu'il va pleuvoir.
- Je crois qu'il pleut déjà.

Je trouve ça sublime, vraiment. Le mec a quand même l'audace, le génie, le talent même de nous plonger dans l'enfer quotidien d'une vie monotone où sexe est synonyme de tabou, où mémère Van Der Kamp ou presque qui n'a jamais connu l'orgasme astique, frotte et fait briller pendant que Monsieur jouit avec la soeur de Madame dans le lit conjugal. Une banalité saisissante quand on y pense.
C'est l'irruption d'un curieux qui va tout bouleverser, un petit bonhomme impuissant, sorte de curé du sexe, qui recueille les confessions intimes de celles qui veulent bien se déshabiller au propre comme au sale sous l'oeil nu de la caméra qui ne les jugera pas. Rien n'est épargné. Imaginez un peu du point de vue sociologique, Kinsey à côté c'était de la gnognotte.
Jusqu'au retournement habile de situation, quand Madame découvre que Monsieur lui a bel et bien menti, quand elle retourne la caméra contre le voyeur.
C'est magnifique.
Et puis voilà, il va pleuvoir.

Il m'apparaît clairement aujourd'hui qu'Amenabar voulait sans doute rendre un hommage à Soderbergh avec Tesis : le personnage de Bosco pourrait être un Graham qui aurait mal tourné.

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J'ai une fascination pour la mise en abîme, le film dans le film, ou bien l'inclusion d'une autre forme d'art sur la pellicule, et l'obsession qui y est attachée.
J'ai pensé à Blow Up aussi. Antonioni, la photo, l'excitation du meurtre, bien sûr.


Faire l'amour à la caméra en définitive, toujours.
Objet de bien des fantasmes et de curiosité.

Faites attention, vous êtes filmés.

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05 juin 2008

Un peu de tendresse, bordel !

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Entre sa naissance et sa mort, cet enfant n’a fait que mourir.

Arnaud Desplechin, je t’aime, je te hais.

Cet homme a l’art de filmer le drame et l’implosion du noyau familial, les secrets et les tensions régnant au sein d’un groupe social, que dis-je, d’une cellule, avec une infinie justesse, souvent déconcertante.

Je vous parlais déjà dans mon précédant blog (Dieu ait son âme, qu’il lâche la mienne), de Rois et Reine, et mon amour, ma dévotion la plus totale pour Mathieu Amalric, au summum de son art (c’était avant le Scaphandre et le Papillon).

Petite piqûre de rappel :

Bien sûr, on aime Desplechin ou on le hait tout bonnement, bien sûr, on serait tentés de dire qu’il fait toujours les mêmes films, parce que toujours les mêmes acteurs (Mathieu Amalric donc, Emmanuelle Devos, Catherine Deneuve, Hippolyte Girardot, …), et les mêmes thèmes qui reviennent sur fond d’éclatement familial (le deuil, la folie, la maladie), bien sûr, c’est souvent la même mise en scène (la lettre, les face caméra, la narration par un personnage, une caméra furtive), oui, bien sûr.

Mais il a ce savoir, ce talent de nous faire vivre ces scènes-là, de faire exister ses personnages, de les rendre douloureusement, follement humains. Les repas de famille d’Un Conte de Noël, nous y sommes conviés, Elisabeth pourrait être une tante dépressive, et Henri un cousin excentrique, quant à Paul, Paul… Personne ne préfère aborder le sujet.

La caméra nous déstabilise par sa non-linéarité, ses mouvements un peu brusques parfois, et ses zooms qui n’en finissent plus sur le visage de Mathieu Amalric, lisant sa lettre à la sœur qui l’a banni, en écho à celle que lisait Maurice Garrel à sa fille tant haïe dans Rois et Reine, sur fond d’un décor sombre et inquiétant, comme le drame qui se prépare.

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Pourquoi Elisabeth déteste-t-elle son frère au point de la bannir de sa vie ? Et pourquoi est-elle si triste, toujours, et de qui fait-elle le deuil ? Pourquoi Junon, mère glaciale et implacable, n’a-t-elle jamais aimé ce fils ? Paul est-il réellement devenu fou, ou bien est-ce la mélancolie de sa mère qui le tue à petit feu ? Et finalement, pourquoi personne n’a jugé bon de dire à Henri qu’il n’est venu au monde que pour sauver son frère, et que même dans cette tâche, il a échoué ?

Une tragédie grecque sur un fond d’air endimanché des grands jours enneigés.

Ca semble trop facile.

Desplechin, je t’aime je te hais.

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Et puis, il y a des rencontres heureuses, des dénouements rédempteurs, un sourire, un regard, des souvenirs qui affluent au portillon de la mémoire, et pas seulement les mauvais, l’attente d’un lendemain moins noir que la veille.

Bon sang, un peu de tendresse, est-ce trop demander ? Merde !

Et puis Woodstock, et puis Desproges, et puis Dali, et puis sous la plage, le pétrole, et puis Jules et Jim

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Je suis né trop tard dans un monde trop vieux.

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23 février 2008

"A la rencontre de divers aspects du monde contemporain ayant pour point commun leur illustration sur un support audiovisuel"

Le Bénin

Petite parenthèse mélancolique de souvenirs,
l'époque de l'esprit Canal, NPA, le centre de visionnage, toussa...

Ca me fait encore bien rire aujourd'hui.

:-)

Et sinon, remettez Edouard Baer à la présentation des Césars, BORDEL!

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01 février 2008

Nothing to say.

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13 janvier 2008

Dans la nature.

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Hier, séance à 21h à Utopia République. Après être arrivées à la bourre (c'est-à-dire avec seulement 10 minutes d’avance) pour voir Joyeuses Funérailles samedi dernier et nous être fait méchamment repoussé, nous avions décidé avec la sœur Julia de prendre nos précautions cette fois-ci. Parce que Into The Wild de Sean Penn merde, on l’attendait. C’est comme ça qu’à 20h30, la queue avait joliment commencé. A 20h55, la file d’attente atteignait l’angle de la rue.

Ouf, on passe finalement, vite vite, au milieu du quatrième rang : juste assez près pour pouvoir s’imprégner du film et à une distance suffisante pour pouvoir lire les sous-titre tout en profitant des images. La salle est surchauffée, pleine à craquer, du monde a été repoussé, mais on y est. Les lumières s’éteignent, et je pressens que l’on va assister à un moment unique et extraordinaire. Frisson. Enfin.

Into The Wild, c’est l’histoire d’un homme qui n’est tout simplement pas adapté à notre société, mal dans son compte en banque, qui ne supporte pas le matérialisme régissant nos vies. Alors qu’il a la possibilité d’aller à Harvard faire une brillante carrière, Christopher McCandless claque tout, du jour au lendemain, et part avec sa vieille Datsun découvrir son pays avec en guise de baluchon un énorme sac à dos. Pas un mot, pas une explication, désormais il n’a plus de famille et se fait appeler Alexander Supertramp.

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A partir de là, nous sommes embarqués dans 2h30 de voyage, de rencontres, et de survie. Emile Hirsch, beau comme un vagabond, va nous entraîner dans son ascension vers la quête de la vérité, avec ce qu’elle comporte comme solitude, angoisses et beauté. Des hippies attachants, un vieux bonhomme en mal de vivre, des agriculteurs plus vrais que nature, un couple de hollandais friand de hot dogs, un clan de naturistes… Tant de rencontres qui le feront avancer, tant de liens qu’il s’empressera de défaire pour ne pas ralentir sa quête.

Dès lors, il nous est impossible de détacher les yeux de l’écran, à la fois fascinés par le courage de cet homme âgé de seulement 21 ans, et par l’immensité des paysages qui s’offrent à nous. On est en train de vivre un moment unique. Le voilà, notre héros des temps modernes, amaigri, barbu, vivant de racines, dans des grottes ou dans un bus abandonné, seul au monde, ou presque : seuls Tolstoï, Primo Levi et autres auteurs et philosophes lui tiennent compagnie. La voix de sa jeune sœur nous fait parfois quitter cette dimension onirique en nous rapportant le souffrance de ceux qui sont restés, lors de ce « coma artificiel », les oubliés, cette famille orpheline (j’ai une grande admiration pour William Hurt, qui joue le rôle du père).

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Aussi, quand arrive enfin le générique de fin, après ce travelling arrière qui n’en finit plus d’exposer notre insignifiance, on ne sait plus si l’on doit pleurer, hurler ou s’arracher les cheveux. Bien sûr, la première option s’est imposée à moi, mais les sentiments d’impuissance, de rage et de rébellion étaient bien présents. Ca bouillonne à l’intérieur, le retour à une vie « normale » se fait difficile, l’ambiance urbaine est carrément insupportable. Comment envisager de mener une tranquille petite existence après ce film ? On est si peu de choses… Bien sûr, on pourrait considérer cet homme comme un fou ; mais n’est-ce pas plutôt nous, dans notre petit confort superflu, dans notre quête de la réussite, l’argent, la gloire et le bonheur matériel, qui avons perdu la raison et ce, depuis trop longtemps ?

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Mélangez Carnets de Voyage, Fight Club et Trainspotting, et vous serez encore loin de la vérité. Tel un Tyler Durden inadapté au rythme de vie moderne, parti sillonner les routes d’Amérique à la recherche de la Vérité, tel un Mark Renton qui aurait décidé de ne pas choisir la vie, et en guise de shoot d’héro, aurait préféré un road trip, tel un Ernesto Guevara de la Serna accomplissant un voyage initiatique à la base de bien des prises de conscience, Alexander Supertramp nous entraîne dans son introspection, sa quête. Atteindra-t-il « l’inaccessible étoile » ? Vous le verrez. Ce qui est sûr, c’est que Sean Penn parvient à toucher une corde sensible, et nous secouer suffisamment pour que nous en ressortions bouleversés, changés.

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Into The Wild, un film à voir, et à revoir éventuellement. Brutale, la gifle qui nous est infligée peut paraître cruelle, mais ô combien libératrice. Et puis… Sa ira mieux demain, hélas.


Même la bande annonce me paraît fade...

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11 novembre 2007

Je viens de finir le dernier épisode de Six Feet Under

... Quelqu'un aurait un mouchoir?

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06 septembre 2007

Regarder Cinema Paradiso et pleurer.

La rentrée a lieu demain.
Pavarotti est mort.
Le monde pleure.
Ongles violets.
Le service de scolarité de la fac commence vraiment à me taper sur les nerfs.
J'en ai marre de devoir obligatoirement mettre des post-its sur la télé quand j'enregistre un truc pour empêcher les gens de zapper en plein milieu de mon film. MERDE.
Je suis complètement à bout de nerfs.

Maintenant que j'ai vu son dernier long-métrage, je peux le dire:
Je déteste les films de Sofia Coppola.
C'est long, chiant, lent et inutile.
Ce qu'on appelle beauté n'est que mollesse à mes yeux.
Et Marie-Antoinette, je regrette mais c'est de la merde. Avec de la dentelle et des froufrous autour certes, mais de la merde quand même. Je croyais qu'elle pouvait pas faire pire que Lost in Translation, mais apparement si. Superficiel et sans aucun intérêt.
Pour moi c'est juste la fille à papa à qui on a donné la chance de réussir alors que des milliers de personnes vaudraient mieux qu'elle.
Enfin, je m'emporte.
Mais j'aime pas qu'on prenne les spectateurs pour des cons.

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Autre chose qui me tape sur le système sur le cinéma dit "d'auteur":
- La caméra à l'épaule, parce que sa fait mal aux yeux et on a l'impression qu'on a pris un pauvre stagiaire en guise de caméraman (Zoom avant, zoom arrière, image floue... C'est un nez tu crois? C'est quoi le message, bordel?)
- Les fins faciles. On coupe alors qu'il n'y a plus rien à dire, que tout a déjà été vu. Bref, sa laisse juste planer un sentiment de frustration.
Ce serait les deux reproches que je ferais à la palme d'or, 4 mois, 3 semaines, 2 jours.
Bien que les acteurs soient excellents (surtout l'actrice principale, qui est non pas celle qui avorte, mais celle qui aide son amie... Original point de vue, assez réussi), le sujet difficile et parfois l'émotion très vive... J'ai été déçue.
Un peu comme l'Enfant des frères Dardenne, palme d'or en 2005.
Trop facile.

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Sinon, malgré les tortueux cadrages de Half Nelson, j'ai assez apprécié ce film.
Un prof blanc dans une banlieue difficile, c'est du déjà-vu, me direz-vous.
Mais pas quand ce prof, shooté au crack, en proie à l'auto-destruction, est encore plus paumé que ses élèves.
La jeune étudiante soutient l'enseignant à moins que ce ne soit l'inverse.
Des chassés-croisés.
Une très belle scène de confrontation, nul jugement. A ce stade-là, c'est exclu.
Solidarité.
J'ai aimé.
Et l'acteur est brillantissime.

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Sinon, à (re)découvrir, Libero.
De et avec Kim Rossi Stuart (alias Romualdo ou le beau gosse de Romanzo Criminale).
Touchant, juste ce qu'il faut.
Pas de sensiblerie.
Un gamin à vous couper le souffle.
Sublimement interprété.
Ce sont ces petits riens qui font de grands films.
(Et puis moi et les films italiens, c'est une longue histoire d'amour...)

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Et là, je vais réviser mes cours, histoire de pas être trop surprise par notre bien aimé S.

Have a nice day.

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18 août 2007

Festivalière.

Bon, et maintenant la phase moins personnelle (quoique).

Ayant passé un mois à bosser dans un théâtre, je me suis donc trouvée en plein coeur du Festival d'Avignon. A l'arrivée, c'est 16 pièces que j'ai apprécié, certaines plus que d'autres.

Au Théâtre des Corps Saints:

- 10h30, Buchenwald, concentrons-nous! Contrairement à ce que certaines personnes à l'esprit tordu et l'humour noir pourraient penser, ce n'est pas du second degré. L'histoire d'un simple d'esprit entraînant un grand esprit dans son univers, afin de lui faire oublier l'horreur de leur condition, dans le camp de Buchenwald. L'actrice principale, Tamara Scott Blacud, qui est en fait l'interprète unique de tous les personnage, est juste et touchante au possible. Son jeu frôle la schyzophrénie, mais on ne peut que se laisser embarquer par l'histoire, par ce drôle de Louis et son imagination débordante.

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- 12h, Milena de Prague raconte l'amitié entre Milena Jesenska, grand amour de Franz Kafka et Margarete Buber-Neumann, qui se sont rencontrées au camp de Ravensbrück. C'est Laure-Marie Lafont, à travers la voix de Margarete (à moins que ce ne soit l'inverse? ) , qui nous raconte cette magnifique histoire. Seule sur la scène, accompagnée du musicien Emmanuel Galliot, elle parvient à nous entraîner dans cette formidable aventure humaine, où l'amitié, la colère et l'acharnement à faire enfin éclater la vérité permettent de survivre... J'ai été très émue au point d'en pleurer. Les mots sont justes, simples et sans artifices, seuls les maux sont durs. Magnifique.

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- 13h30, jours pairs, Le droit des hommes courbes, le one-man show de Romain Bouteille. Je ne connaissais pas ce petit bonhomme de 76 ans avant qu'on me dise qu'il était à l'origine du café de la gare (shame on me) et de la naissance de Coluche (spirituellement s'entend, hein) . C'est donc avec un agréable plaisir que j'ai découvert son univers poétique teinté d'humour fin et délicieux. Dans la lignée de Devos ou, d'une certain façon, Ferré... Poètes, vos papiers!

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- 13h30, jours impairs, Sujet: Chomsky, le one-woman show de Saïda Churchill (compagne de Romain Bouteille, lui-même ayant fait sa mise en scène). Ma foi, là encore je ne connaissais pas Chomsky (décidément! ) et ai découvert un personnage intéressant, porté par la voix de Léna, jeune thésarde révoltée qui explique la physique cantique à son poisson rouge, joue la mère de Jésus ("un enfant extra-conjugal" ) et participe à des sondages par téléphone. Un bon moment. Et la bande-son déchire.

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- 15h30, La cantatrice chauve... Bon, j'aime pas tellement Ionesco et son humour par l'absurde et la redondance... Pas désagréable au final, les acteurs sont très bons. Mais c'est pas mon style, c'est tout.

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- 17h, J'irai cracher sur vos tombes, adaptation du roman de Boris Vian Vernon Sullivan.Marc Gooris mène le jeu de l'alcool, du sexe et du racisme dans le rôle de Lee Anderson, noir comme le souvenir, noir comme ses ancêtres, mais blanc de peau, dont la seule motivation est la vengeance. Déconcertant, oppressant. Sentiment de malaise constant. Marc est un excellent acteur, c'est indéniable. Cette façon de vous raconter des actes aussi monstrueux que le viol en regardant le public dans les yeux est glacialement géniale. On en ressort dérangé, mais satisfait.

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- 19h, Hiver de Zinnie Harris, pour la première fois adapté, spécialement pour le Festival. J'ai lu le livre (traduit par l'actrice principale) et ai beaucoup aimé la pièce, par sa simplicité tant dans la mise en scène que dans les mots, et surtout par le jeu des acteurs, tous professionnels et criants de vérité. L'histoire d'une femme qui va faire un troc: un cheval, un simple morceau de viande contre un enfant, cet enfant qui lui servira de fils de substitution, en remplacement de celui qu'elle a perdu... La guerre est finie.

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- 21h, Percolateur Blues de Fabrice Melquiot.Bon, mon chouchou n°1, vous le savez déjà. A tel point qu j'ai vu la pièce 7 fois. L'histoire de Cyril, un veilleur de nuit partant à la recherche de Toi, une fille,  qu'il a connu il y a 3 ans dans un hôtel pendant une semaine. Aimer ou être aimé, image idéalisée de la femme, prises de conscience soudaines, la peur de la mort, puis l'amour, le vrai. A la manière des Poupées Russes de Klapisch, Melquiot nous entrîne dans les abîmes de la jeunesse sur un sujet aussi délicat que l'amour et la recherche du bonheur, pas forcément celui auquel on s'attendait... Dieu ce que j'aime cette pièce. Ils vont me manquer, vraiment.

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- 22h30, Le concert Arménien ou le proverbe Turc. L'histoire d'un compositeur d'origine arménienne s'inspirant de l'Odyssée d'Homère, elle-même faisant renaître les fantômes du passé...Gérard Torikian nous raconte l'histoire de son pays avec humour et émotion, mélangeant poésie, musique et anecdotes. On en ressort touché, c'est certain. Arménien, ou non.

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Ailleurs:

- 12h45, Théâtre du petit Chien, Délivrez Proust. Sur conseil (tous les soirs, ils l'annoncent après leur spectacle) des Perco, je m'y rends donc, mon autocollant sur le sein droit youplaboom. Je ne connaissais pas vraiment Proust, je ne l'ai même jamais lu. Et j'ai découvert plusieurs aspects de sa vie que je ne soupçonnais pas. Touchants, drôles par moments, les deux acteurs (prodigieux, précisons-le), incarnent tour à tour Proust lui-même puis son entourage, ses amis, et ses admirateurs, de Virginia Woolf (ma Virginia... quelle émotion) à Marguerite Duras. Le monologue final est tout simplement sublime, j'en suis ressortie touchée à l'âme, tant et si bien que j'ai même acheté le texte. Un petit bijou. Bravo, bravo...

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- 14h, Théâtre du Verbe Fou, Huis clos. J'y suis allée parce que Marc jouait dedans (l'acteur de J'irai cracher sur vos tombes). Une fois de plus, il m'a impressionnée. Je ne connaissais pas bien cette pièce, et je l'ai d'autant plus appréciée, malgré l'étroitesse du lieu. L'enfer, c'est toujours les autres, décidément...

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- 18h, Théâtre des Doms, Moi, Michelle Mercier, 52 ans, morte. Sur le conseil de Juliette et Paul, j'y vais. 3 couples gravitant autour du cadavre de Michelle Mercier, dans une mise en scène complètement folle au rythme effrené, où tout s'entre-choque. On ne sait pas à quel degré le prendre, on ne sait pas ce qui se passe, on ne sait plus qui est qui, on participe aux cours d'anatomie, on dégueule du jus de tomate, on accélère le phrasé, bref on mène l'enquête à la façon d'un jeu de cluedo. Du grand n'importe quoi. Du grand Art. Ils sont fous, ces Belges. J'adore.

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- 18h, Théâtre le Petit Louvre, Le visiteur d'Eric-Emmanuel Schmitt. En grande fan de, je me devais d'aller voir au moins une de ses pièces. J'ai entendu beaucoup de bien d'Oscar et la dame Rose, mais ayant lu le livre, j'avais peur de ne rien découvrir de plus qu'une simple mise en images. Je suis donc allée voir le visiteur car c'est un des rares bouquins de Schmitt que je n'ai pas dévoré. Et bien je n'ai pas été déçue. Une fois de plus, il met en scène un personnage historique (Sigmund Freud) et s'amuse à la faire dialoguer avec des personnages fictifs, à imaginer sa réaction. J'ai vraiment adoré, particulièrement le jeu de l'acteur interprétant ce fameux patient mystérieux se faisant passer pour Dieu lui-même, à la limite du clownesque dans ses mimiques et son phrasé ; il m'a bluffée. Sentiment de satisfaction garanti.

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- 20h, Théâtre du Verbe Fou, La leçon. Encore une fois, j'aime pas Ionesco. Et je supporte pas la fille qui joue. Mais bon. Sortie entre keupines. J'ai payé que 6€ au lieu de 9, donc c'est mieux passé.

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- 21h20, Théâtre de l'étincelle, Nous n'avons fait que fuir. Libre adaptation du fameux texte de Bertrand Cantat par 2 comédiens issus du cours Florent. A la question "peut-on mettre en scène une chanson de Noir Désir?", je vous répondrai que... Non, on ne peut décidément pas. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé, les comédiens sont tous deux excellents et nous livrent leur propre vision du texte, mais... Sa reste de l' "expérimental". Dommage...

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- 22h37, Théâtre des Béliers, La mégère à peu près apprivoisée. Dans un tout autre genre, je vous l'accorde. Mais j'y suis allée parce que Chalik jouait dedans et a fait la mise en scène (c'est aussi le metteur en scène de Hiver), et qu'il nous a invitées. Ma foi, un bon moment au final, de l'humour souvent prévisible, mais un peu de légèreté ne fait pas de mal... Et puis le slip Superman, ça déchire tout. Même que j'ai eu le CD de la pièce en cadeau, et toc.

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Posté par dom_za_vesanje à 13:13 - La nature est dans tous les goûts... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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