Dom za vesanje

Ceci est un blog. Inutile de surcroît. Passez votre chemin.

07 juin 2009

Résister, c'est exister.

Quelquefois, une citation suffit.

"Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,
Grimper par ruse au lieu de s'élever par force ?
Non, merci. Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci. Déjeuner, chaque jour, d'un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? une peau
Qui plus vite, à l'endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?...
Non, merci. D'une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l'autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci ! Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy
Faire éditer ses vers en payant ? Non, merci !
S'aller faire nommer pape par les conciles
Que dans les cabarets tiennent des imbéciles ?
Non, merci ! Travailler à se construire un nom
Sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non,
Merci ! Ne découvrir du talent qu'aux mazettes ?
Etre terrorisé par de vagues gazettes,
Et se dire sans cesse : "Oh, pourvu que je sois
Dans les petits papiers du Mercure François ?"...
Non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,
Préférer faire une visite qu'un poème,
Rédiger des placets, se faire présenter ?
Non, merci ! non, merci ! non, merci ! Mais... chanter,
Rêver, rire, passer, être seul, être libre,
Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre,
Mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,
Pour un oui, pour un non, se battre, -ou faire un vers !
Travailler sans souci de gloire ou de fortune,
A tel voyage, auquel on pense, dans la lune !
N'écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste d'ailleurs, se dire : mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,
Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !
Puis, s'il advient d'un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d'en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,
Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !"

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

Si vous avez le temps, voici les propos d'un homme que j'affectionne particulièrement.

ESSAI

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13 avril 2009

Un souffle, un éclat bleu, un instant, qui dit mieux?

3 minutes, ni plus, ni moins.

J'ai 3 minutes pour vous convaincre d'aller jeter un oeil, voire deux, sur ce projet somptueux.

3 minutes pour vous dire qu'en 180 secondes, tout peut arriver.

C'est le temps d'une pause, d'un zapping, de fumer une cigarette, de s'égarer sans s'embourber dans ses pensées, de faire causette avec Morphée, le temps de ne pas quitter Brel ou de danser la javanaise avec Gainsbourg...

Le temps d'une rencontre fortuite au détour d'un hasard, qui s'avèrera peut-être la plus importante, la plus belle de notre vie.

Bref, vous l'aurez compris, 3 minutes, c'est le titre de la prochaine bédé de l'ami Domas qui sortira cet été, dans la lignée de Litost que j'avais déjà évoqué ici. Une chronique contemporaine sur le thème des rencontres entre personnes qui ne se connaissent pas et les évènements qui peuvent s'ensuivrent, des variations autour de cette même temporalité : "que peut-on faire en 3 minutes ?".
A vous de voir.
Pour avoir un aperçu de cet ouvrage qui, je l'espère, vous plaira autant qu'à moi, filez donc voir par là, c'est gratuit et c'est toujours un bon moment à passer! (cliquez sur le dessin)

sarahMbyDomas


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15 mars 2009

Madame ne rêvera plus.

Bashung est mort, mon coeur est triste ce soir.
C'est dur de voir les Géants s'éteindre à petit feu sans pouvoir rien y faire.
Le dernier, sans doute un de ceux qui pouvait encore consoler ceux qui n'avait pas connu l'époque des Ferré, Brel et autres Brassens, faut d'être nés trop tard dans un siècle trop vieux.

Noir Dez en 2003, lui cette année, faut croire que je porte la poisse avec mes satanés concerts.
Merde.




 

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14 octobre 2008

"Nous les écorchés vifs, on en a des sévices"

Je sais pas pourquoi j'ai tant de peine, pourquoi j'ai encore du mal à accepter l'idée. Peut-être que je m'étais attaché à ce bonhomme, poupée de chiffon effilochée, triste pantin à la jambe de bois. Ses apparitions me touchaient, ; en lui, tout n'était que souffrance, il incarnait le cri qu'il ne pouvait pousser, un cri de haine et de douleur, mais envers qui au final ? Je me souviens avoir été frappée par la  violence d'Aime ton père, la dimension biographique ajoutant à cet effet, et avoir été émue par son rôle sur le fil du rasoir dans Peau D'Ange (rôle ?)... Il ne jouait pas, il incarnait des personnages qui lui renvoyaient son propre reflet. Des écorchés. C'était un grand acteur, indéniablement. Dommage que l'ombre du père l'ait tant hanté. Il aurait pu se faire un vrai prénom, je n'en doute pas une seconde. Rimbaud est mort une deuxième fois.

"Ce n'est pas moi qui crie, c'est la terre qui gronde" aimait-il à citer Attila Joszef... Ca ne vous rappelle rien? Au moins maintenant il ne souffrira plus.

...
A ton étoile.

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20 mars 2008

"Il n'y a pas de mort digne" paraît-il...

Je suis en colère. Indignée, même.
Hier soir, une femme est morte, seule. Elle s'appelait Chantal Sébire.
Atteinte depuis 8 ans d'une maladie orpheline, une tumeur évolutive des sinus avait fini par défigurer cette ancienne institutrice, et je ne parle même pas de la douleur - vous l'imaginez - qu'elle subissait au quotidien.
Se sachant victime d'un mal incurable, et en pleine possession de ses facultés mentales, elle a voulu mourir "dans la dignité", mais surtout légalement, en ayant recours à l'euthanasie dite active. Cette demande avait été refusée ce lundi par le tribunal de grande instance de Dijon.
Aujourd'hui, on parle d'une enquête, voire même d'une autopsie qui pourraient être menées afin de déterminer les causes du décès de Chantal Sibère. Au-delà de la bassesse de ces actes malvenus, c'est toute la question de l'euthanasie, pratiquée en douce dans la majorité des hôpitaux français, qui est soulevée. Quand s'arrêtera l'hypocrisie au pays des droits de l'homme? Un citoyen n'a-t-il pas le droit de mourir, dans le soulagement et accompagné des siens pour ne plus avoir à endurer une vie devenue un calvaire? Quand le gouvernement aura-t-il enfin assez de courage pour soulever le voile de l'hypocrisie qui l'aveugle depuis trop longtemps?

Eh bien, ça n'a pas tardé. Le 13 mars, madame Christine Boutin, Ministre de la ville et du logement (et accessoirement membre de l'Opus Dei), a répondu aux questions de Jean-Jacques Bourdin sur les ondes de RMC:

__________

Jean-Jacques Bourdin : Vous ne reconnaissez pas le droit de mourir à Chantal Sébire parce qu'elle ne peut plus vivre ?

Christine Boutin : Mais pourquoi ne peut-elle plus vivre ? Parce qu'elle dit qu'elle souffre mais il y a les médicaments qui peuvent empêcher cette souffrance, parce qu'elle est difforme mais la dignité d'une personne va au-delà de l'esthétique de cette personne. Quand elle parle de ses petits-enfants, je suis absolument convaincue que cette ancienne institutrice peut aider encore ses petits-enfants à aller de l'avant. Ses enfants l'aiment aussi.

Jean-Jacques Bourdin : Ils l'aiment mais ils comprennent sa demande et sont prêts à l'accompagner...

Christine Boutin : Vous croyez vraiment que donner la mort c'est un geste d'amour, non, ce n'en est pas un, c'est un non-respect de la dignité de toute personne. Ce qui est en cause dans cette personne c'est sa souffrance.

Jean-Jacques Bourdin : Vous pensez qu'elle est instrumentalisée ?

Christine Boutin : Oui, je le crois. Elle n'est pas suffisamment entourée, je crois qu'il faut qu'il y ait des médecins qui soient autour d'elle, qui l'aident à ne pas souffrir car aujourd'hui je suis convaincue qu'il peut y avoir un accompagnement. Apparemment, vous la voyez dans le Parisien, assise, cette femme, mis à part son visage qui est bouleversant, elle semble en parfait état physique. C'est un échec total que de laisser penser que c'est un geste d'amour ou un progrès.

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Tant d'aveuglement et d'incompétence me sidèrent. Comment peut-on oser nier la douleur, la souffrance physique et morale de cette pauvre femme? Comment peut-on oser lui refuser ce droit, en se réfugiant derrière l'intégrisme catholique? Comment peut-on oser déclarer de tels propos et nier l'évidence?

Madame Boutin, vous êtes indigne de votre fonction, et n'êtes certainement en position de juger la prise de décision de madame Sébire. Honte à vous qui, une fois de plus, avez manqué une occasion de vous taire. Je vous méprise.

Je m'en vais donc revisionner de ce pas Mar Adentro en rêvant d'un monde meilleur, où le droit de mourir aurait tout aussi bien sa place que le droit aussi désespéré qu'inutile de se raccrocher à une existence sous le joug de la douleur.

Ramon Sampedro, si tu nous écoutes...

Chantal_sebire

free music

Posté par dom_za_vesanje à 15:34 - Ces gens-là - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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